Bienvenus à l’école, surtout dans sa cour..

Ou « les joies des réseaux sociaux ».. Ou encore « dégaine, t’as ta chance ! » Ça se défoule, ça défourraille à tout va !.. Comme le dit si bien une amie vigneronne « Y’a vraiment un truc dans l’air en ce moment et c’est pas du pollen. T’écris un truc, tu te fais exploser. Qui veux encore donner son avis ? »

Que je vous explique, parce que, vous qui me lisez, vous ne connaissez peut-être pas ce double landerneau : celui du vin et celui des réseaux sociaux. Je ne vous parlerai d’un seul réseau, celui sur lequel je suis le plus active : facebook.

Pour vous expliquer en 2 mots, facebook est un microcosme à lui tout seul, un vrai réseau social. J’y suis en contact avec beaucoup de nos clients, professionnels surtout, mais particuliers aussi.
ODNO-9094aBref un petit monde vivant, grouillant d’infos, de joie de vivre souvent et.. d’engueulades avec noms d’oiseaux aussi.
C’est ce qui s’est passé il y a peu, souvent le même sujet : le vin « nature » versus les critiques et les autres vins. Et vas-y que je « pérempte » et vas-y que j’ai raison et vas-y que « la pauvreté des arguments est si grande.. » etc.

Les plus virulents sont sans doute les blogueurs, les journalistes, les cavistes, professionnels du vin, les amateurs éclairés, qui n’hésitent pas à traiter les autres de tout et rien, surtout rien d’ailleurs, moins que rien même !
Rarement les vignerons et souvent de façon bien plus mesurée : connaissant la somme de travail qu’il faut pour faire un vin, la subjectivité des dégustations, les critiques sont souvent plus dosées (voire sans soufre !).

Et ça dure depuis… longtemps, bien trop longtemps..22_3836y

Maintenant, nous, les vignerons, sommes le plus souvent spectateurs attristés de ces joutes.
Il fût un temps, ou ces joutes verbales arrivaient à monter les vignerons les uns contre les autres, genre :
–  « je fais mieux que toi, je ne mets rien dans mes vins, que du raisin ! »
– « Ha ben oui, c’est bien ça, ton vin a juste le goût de jus de raisin ! »
– « Honte à toi qui filtre et sulfite (même légèrement) ta production ».. et j’en passe et des meilleures.
À tel point que les vignerons « simplement » en bio ne savaient dans quelle case ils étaient, complexés par tant de vérités assénées. Ça, c’était il y a 4-5 ans, le besoin du vin nature de sortir de sa réserve, de sa niche, était immense et virulent. Tout le monde était concerné, chacun y allait de sa vérité, y compris les vignerons..
Ce qui, pour ma part, m’a décomplexé ? Me rendre compte que certains parmi les plus actifs étaient avant en « conventionnel » (avec pesticides, insecticides et tout) et ont du faire face à de graves problèmes de santé à cause de ça.
Ça permet de relativiser.. Et devrait plaider pour de la tolérance, de la pédagogie vis-à-vis de ceux qui n’ont pas franchis le pas..
Et puis, comme tout ce qui va trop loin et s’enlise, ça c’est calmé, tout au moins entre vignerons. Nous sommes entrés, entre nous, dans une ère de compréhension, de soutien aussi. Chacun a trouvé sa place, dans le respect de l’autre. C’est reposant !

Mais c’est sans compter sur les « nouveautés » :

Depuis quelques jours, le crédo c’est la machine à vendanger versus les vendanges à la main, de ce que j’ai compris, n’ayant lu qu’en diagonale (ben oui, pas le temps, trop peu d’intérêt maintenant pour ces manques de tolérances).
Et là, rentre en ligne de compte un facteur que d’aucun oublie : un vigneron gros, petit ou moyen est aussi un chef d’entreprise. Il doit donc à ce titre gérer aussi le côté financier. Rien d’étonnant donc qu’un « gros » fasse des vendanges à la machine, plus économique que du personnel.
En aime-t-il moins ses vignes pour autant ??
Rien n’est moins sûr. De ce que je vois des viticulteurs de Cabrières, ils ont une connaissance de leurs vignes, de leur terre l’aime et en sont fiers. Et vendangent en grande partie à la machine.
Doit-on les mettre au pilori pour ça ?!!

Bref, que retirer de tout ça ?

Vu de l’extérieur, que j’ai toujours malgré les années, ça donne une très piètre image du monde du vin. Une très piètre image de ces gens qui s’insultent. C’est d’autant plus dommageable que pris séparément, ils sont pondérés, souvent adorables et ont beaucoup à nous apprendre..
Vu de l’intérieur, ben oui, au bout de 6 ans, on commence à être de l’intérieur, c’est encore plus dommage.. Pourquoi ? Parce que le vin, si l’on se donne tant de mal pour le faire, ce n’est pas pour le voir black-boulé, black-listé, partagé en chapelles et clochers.

Il y a toutes sortes de vins pour tous et chacun peut y trouver son bonheur ! Un vin de nous plait pas ? Passez votre chemin ou parlez-en en petit comité, rien ne vous en empêche. Heureusement que nous avons ce choix d’aimer ou pas, mais la tolérance est où dans tout ce que j’ai pu lire ?
Pourquoi tenter de vous donner des leçons les uns aux autres et aux vignerons ? Je ne remets pas en cause les écrits en tant que journaliste, professionnel du vin, lecteur,  je respecte trop la liberté, l’indépendance pour ça ! Mais ce sont les commentaires qui en découlent qui sont attristants..
Et ceux qui sont si sûrs de détenir la vérité.

Le vin c’est le partage, c’est les amis, c’est de bons souvenirs à garder. Tout le contraire de ce que vous montrez dans vos écrits. Et surtout, surtout, pour moi qui n’ai pas toujours l’énergie et la santé pour faire tout ce que je voudrais et qui peine si souvent à le faire, même si j’adore, c’est un réel gâchis d’énergie !!

Si vous en avez tant que ça, je vous invite à venir mettre cette énergie au service d’une bonne cause : vendanger une partie de parcelle avec nous pour faire de la Cartagène, au profit d’une association.

Je vais vous dire sincèrement ce que m’inspire ces lectures et vos « joutes » verbales : l’impression d’être dans une cour d’école.. Peut-être un jour verrez-vous fleurir des cuvées au doux nom de « Agathe », « Bille » « Calot », « Boulet » ou « Mammouth » !!
Vous pourriez ainsi aller vous défouler dans la cour en jouant aux quilles billes..

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Comme un parfum d’automne..

Et ce parfum est notre N°2, la Cartagène que nous avons laissé vieillir tranquillement en cuve depuis les vendanges 2015. Nous l’avons mise en bouteille le week-end dernier, elle est donc disponible pour vos cadeaux de fin d’année !

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Nous avons fait ça entre amis, à l’ancienne, durant une journée très convivale. Comme la Cartagène !
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Pour notre Parfum du Sud n°2, nous avions vendangé des raisins surmûris de Grenache blanc et de Roussanne. Ses notes sont toutes d’écorce d’orange confite, de mandarine et d’orange amère (mais pas trop..).

À boire toujours très frais…

Pour le reste des vins, nos petits sont passés du stade embryonnaire et bouillonnant des fermentations alcooliques, à celui de bébés gazouillants des fermentations malolactiques.
Ils sont maintenant presque tous au propre, à l’abri dans leurs cuves et barriques, pour passer un hiver douillet.
Les vinifications ont été aussi longues que les vendanges ont été courtes !!

Pendant que le chai arrive dans sa phase de sommeil hivernal, nous venons à votre rencontre pour faire nos gammes..

Je serai à Paris la semaine prochaine, pour 2 dégustations :
Le 18 novembre au Lieu du Vin chez notre ami Philippe Cuq de 17 à 21 h
Le 19 novembre chez la sympathique Sophie, dans son « Chai Sophie » de 11 heures à 13h et de 17h à 19h.

Et nous serons à Montpellier
Le 23 novembre, chez Dominique, au Trinque Fougasse O’Nord
Le 24 novembre, mais chez Mathieu cette fois-ci, au Trinque Fougasse O’Sud !

Save the date, à tout bientôt !!

Et si l’on faisait une rebêche ?

Parce que les (raisins) vignerons ont bien été pressés par les écrivains/journalistes/écrivaillons de tout poil, si nous nous posions les bonnes questions à propos de qui est vraiment journaliste, avec sa carte pro ? Qui a déjà fait tout un cycle chez un vigneron ? Qui connait vraiment tous les aspects de notre travail ?

Je vous dois une explication : qu’est-ce qu’une rebêche ? C’est le fait de presser une deuxième fois les mêmes raisins dans le pressoir, afin d’en extraire tout le jus.
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Dans la suite de mon dernier billet, pour en finir avec ce « pressurage direct* » des vignerons par des gens dont, pour certains, les contours sont flous, j’aimerai que l’on en arrive à en savoir plus sur eux.
On nous demande si souvent de montrer notre travail, de sortir les analyses de nos vins, de se justifier. Et si c’était à eux de le faire ?

Il est si facile de critiquer, de dénigrer un travail. Il est facile de tirer à boulets rouges sur les vignerons et leurs gammes..

Alors Mesdames, Messieurs, prêts à nous dire qui vous êtes vraiment ?
1 Retraité(e),
2 Journaliste pigiste, journaliste,
3 Ecriture au stylo à plume sur papier ?
4 Sur traitement de texte ?
5 Machine à écrire ?
6 Pas pro de l’écriture alors quel est votre travail réel ?
7 Votre degré de connaissance dans le métier de vigneron ?
8 Votre degré de connaissance dans le vin ?
9
le vin : un hobby ?
10 Combien de visites dans les vignobles ?
11 Combien d’amis vignerons ?
12 Manichéen avec des idées arrêtées ?
13 Curieux : on en apprend tout au long de sa vie ?
14 Combien de dégustations ? Pros ou non ?
15 Payez-vous vos échantillions ?

Voilà, vous pouvez répondre dans les commentaires, sur les réseaux sociaux ou sur vos blogs. Mais en fait, dans les commentaires c’est bien mieux, ça permettra de tout centraliser..

Dans l’attente de vos réponses qui seront autant de plaisir de lire encore, surtout pour nous autres, petits vignerons.

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pressurage direct* : ramasser les raisins et les presser dans la foulée, avec ou sans rebêche

Le lièvre et la tortue..

Fable que vous connaissez tous : cette année, nos vignes ont été une fois tortue puis lièvre, nous obligeant à puiser dans nos réserves, à chercher notre 2ème souffle..
Un peu de répit pour vous tenir au courant de nos vendanges qui ont commencé lundi 5 septembre et se sont finies mardi 13, soit très exactement… 7 jours !!

De l’intense, du dense, de l’épuisant, du beau, du rare et du qualitatif..

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Du jamais vu, de notre courte mémoire de vignerons, ce ne sont que nos 7èmes vendanges, mais aussi semble-t-il de mémoire plus longue d’amis vignerons.

Une drôle d’année, pendant laquelle les vignes ont joué à la tortue pour finir en lièvre, nous laissant épuisés, mais, malgré tout, heureux !
Tortue parce que les maturités ont tardé à venir, entre un printemps très pluvieux et un été d’une sécheresse, chaleur et longueur impressionnantes.
Lièvre parce qu’ensuite tout a mûri en même temps, nous obligeant à jongler entre les jours de vendanges et les jours de repos… vendanges !!

Nous venons de passer 7 jours de folie, nous levant à 4h30 pour être sur le « pont de notre bateau » à la fraiche, choisissant la veille pour le lendemain les parcelles à ramasser. Je n’ai jamais autant croquer de raisins pour me rendre compte des maturités.
Et je n’ai jamais eu autant de goûts de noisette, de fruits secs, en croquant les pépins.. !20160906_085317

Heureusement, nous avons eu une équipe de folie, des jeunes bosseurs avec qui nous avons pu ramasser 2 parcelles certains jours. Des warriors de l’épinette, de l’égrappoir et du tri🙂
(NB : bien préciser aux vendangeurs qu’ils ne sont pas là pour aider (!) -dixit une qui nous a lâché en route..- mais pour travailler.)

Notre fidèle Kreyer a bossé au même rythme pour refroidir les jus de raisins ramassés par 36° parfois ! Il a fallu tenir le choc en cave aussi, avec toutes les cuves pleines en même temps, les délestages, remontages, débourbages et pigeages nécessaires pour donner le meilleur de notre récolte.

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Notre Syrah du haut

Heureusement, Jean était aussi en mode warrior, guerrier de la pompe et des manches, des drapeaux, des raisins, des rafles et …tout et tout !

Et au milieu de toute cette précipitation, rapidité et mûrissement à donf’, Monsieur Cinsault, lui, a pris son temps, bloquant sa maturité un moment, nous laissant un peu de marge pour le ramasser en dernier.. juste avant les pluies orageuses prévues et qu’il aurait difficilement pu supporter avec sa peau fragile, sa nudité (même plus de feuilles de vigne !).

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Notre Cinsault du bas

En terme de récolte, avec cette sécheresse, c’est presque 30% de moins, selon les cépages, comme chez beaucoup cette année..
Mais une belle qualité de raisins : sains, petits mais costauds, leurs jus sont concentrés sans extraction forte, joliment goûteux et prometteurs.

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Le juteux Cinsault
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Les beaux blancs

La pouponnière est pleine, à nous de bien faire grandir tous les petits, avec des surprises à venir.. !

 

Gédéon le pressoir..(il aurait pu s’appeler « Euro » !)

Mais avant tout, parlons peu et parlons raisins..
Il y a un moment que je ne vous ai pas parlé des vignes, tout simplement parce que j’y suis moins allée cette année. Une énorme fatigue, une sorte de « burn-in »..
En partie due à la fibromyalgie : elle m’a rappelé que je ne pouvais plus du tout avoir le même rythme que (Jean) tout un chacun. J’ai oublié de m’économiser, tout en ayant l’impression de le faire..

Trop de travail non stop, trop d’énergie dépensée tous azimuts..
Peut-être aussi trop de passion, bref trop de trop !!

Du coup, j’ai levé le pied, un peu, beaucoup, passionnément. Ça ne veut pas dire que je n’aime plus les vignes, au contraire ! Comme Jean est là et qu’il veille aux grains, j’en profite, tout en assurant toujours les parties commerciale, paperasse, dégustations, etc… Tranquille mimile. Je sais que quand je vais retourner dans cet endroit que j’aime tant, sous peu, j’y retrouverai bonheur et sérénité.

Pendant ce temps, la vigne pousse, pousse pousse et les raisins commencent petit à petit leur véraison. J’aime leur allure de bonbons, ces couleurs qui m’ont tant surprise quand je les ai vu pour la première fois (ben oui, je n’avais jamais réfléchi à la manière dont les raisins murissent).
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Les vendanges arrivent à grands pas !
Et avec elles le travail de cave. Nous avons constaté l’année dernière à quel point notre petit pressoir à cliquet devenait insuffisant par rapport à la nouvelle taille de notre (toujours) petit domaine.
Devant les prix des pressoirs pneumatiques et des nouvelles cuves, que nous ne pourrions acheter, je n’ai pas hésité : le nez à fond dans les papiers, j’ai fait une demande d’aide européenne : accordée !!
Alors oui, souvent je peste contre l’europe, contre son côté technocrate à deux balles qui nous étouffe sous tant de règlements et nous oblige à tant de paperasses et je continuerai à pester contre ses inepties.

Mais là, je souffle, et si nous pouvons changer notre outil de travail, gagner en temps et en praticité, c’est aussi à vous que nous le devons : au moins, nous savons où est allée une partie de vos/nos taxes !! Merci donc à vous aussi🙂

Je vous le montre ? Il est beau comme un camion !

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Gédéon, ça lui va bien non ?

Y en a pas deux comme ça !!

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Ça c’est sûr.. Une allure dégingangée un tantinet élastique, des pattes arrières voulant dépasser les pattes avant lorsqu’il court ou descend les escaliers. Des taches qui lui valent une robe « merle » ou « arlequin » avec quatre couleurs, rien que ça !

Bref, je vous présente notre nouvel arrivé, adopté en mai et qui aura 5 mois le 9 août : Manx, beauceron arlequin.
Pourquoi Manx ? Parce que c’est l’année des M, parce que nous n’avons pas souhaité l’appeler Moules-frites, malgré les suggestions diverses et variées des amis sur les réseaux sociaux !
Mais aussi parce que c’est Jean qui l’a baptisé et, en bon motard, lui a donné le nom d’une cuvée moto : la Norton Manx.

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Qu’est-ce quelle a ma gueule ?

Donc à cette gueule de bande dessinée, à ce (presque) petit exceptionnel (si si) au caractère bien trempé et adorable, à l’amour et l’envie de jouer quasi infinis, il fallait bien une niche d’exception !
J’y travaille depuis un petit moment, avec les conseils avisés de Rémi Dejean, dont les réalisationsexceptionnelles à base de douelles de barriques sont visibles ici
N’ayant jamais déshabillé une barrique, je ne savais trop comment m’y prendre. Mais c’est simple : il suffit d’enlever les clous tenant les cerclages, de taper sur les douelles pour les écarter et… le couvercle tombe au fond !
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Ne reste plus qu’à l’enlever et à commencer le nettoyage de l’intérieur.. Un bon brossage puis ponçage pour enlever les cristaux de tartre et donner une douce patine aux douelles.

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Une couche d’apprêt, avant de peindre à la bombe et aux poscas, tout ça sous l’oeil avisé de son futur habitant..

 

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Un bon coussin dedans et hop, il attend les jours froids pour s’y abriter ! (enfin, je l’espère..) !

Pour ce qui est de Kaya, elle l’a adopté aussi et aide à son éducation, tout en le regardant grandir.. Il lui arrive à présent à l’épaule..
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Et maintenant à vous le DIY, le Do It Yourself, bref, à vous la (ré)création !

 

Il y a peu..

Tu m’as appelé et tu m’as dit « ça va miss ? » de ta voix bourrue de douceurs.
« On s’inquiète, on ne te lit plus » (sous-entendu tu n’écris plus)..

Et c’est vrai, je n’ai plus écrit depuis un petit moment, étant dans une période où la fatigue chronique a repris le dessus sur ma volonté. Une période « d’àquoibonnitude » : tellement de gens écrivent, souvent tellement à chaud et sur le vif que c’en est devenu étouffant. Cette course à l’immédiateté et à « lisez-moi, ce que je dis est le plus important », avec ses excès et ses certitudes assénées n’est pas pour moi..

Et pourtant, j’en ai écrit des billets pendant ce silence ! Sur le pourquoi je ne vous conseille pas d’aller à Curaçao en vacances, sur les bagarres de cour d’école des réseaux sociaux, sur les vignes bien sûr.. Peut-être les mettrais-je en ligne, ou pas.
Mais je vais écrire à nouveau, reprendre le chemin de notre histoire vigneronne avec beaucoup de plaisir. En pensant à toi.

C’est grâce à toi que je dois de pouvoir prendre ce recul, grâce à toi que je garde toujours un oeil critique sur ce monde. Toi qui nous a appris à chercher dans les livres, les encyclopédies et surtout par nous-même..
Toi qui étais toujours énervé, même au milieu de ta patience bricoleuse !

Cette possibilité de bidouiller constamment, dès que je vois 2 objets qui ne demandent qu’à revivre, c’est à toi que je la dois. À maman aussi et sa sensibilité toute différente de tendresse.
Cet amour de la terre, ce respect et cette connaissance, c’est aussi à vous que je la dois : maman pour les fleurs, les arbres et les plantes et toi pour les légumes.. J’ai des souvenirs joyeux des rattes que je cherchais comme des trésors et ramassais derrière le passage de ta bêche.
Du bout de jardin couvert de myosotis.
De l’odeur des oeillets de poète.

Tu as rempli ton contrat, ta vie et les nôtres.

Il est dans l’ordre des choses qu’un parent s’en aille avant ses enfants. Mais, même à plus de 50 ans, nous restons les enfants dont la main cherche celle, grande et rassurante de cet homme que toute notre vie nous avons appelé papa..