« De Chemins en Pistes »…

C’est le nom du Off (salon pour les professionnels) que j’ai le plaisir de partager avec des amis vignerons les 25 et 26 janvier. Pourquoi ce nom ? Tout simplement parce qu’il se déroule dans une salle de l’hôtel de l’aéroport de Montpellier, à deux pas du Parc des expositions où se déroule Millésime Bio.

J’ai eu hier une jeune journaliste au téléphone qui voulait savoir le comment du pourquoi et je me suis dit « autant l’expliquer ici »..
C’est la 3ème année que nous organisons ce Off, Iris Rutz-Rudel et moi, la 1ère année que je me retrouve presque seule, Iris prenant sa retraite des vignes (mais restant toujours à mes côtés pour les conseils, questions-réponses, oublis que je pourrais avoir).

Notre volonté première, qui est restée la même, est de mettre tout en commun : les frais, la nourriture, les carnets d’adresses.
L’entrée est gratuite pour nos visiteurs et nous les invitons à partager le grignotage du lundi soir avec nous. C’est l’occasion de discuter en prenant le temps.
La seconde est d’accepter des vignerons sans étiquette, des labellisés (bios, Demeter, biodivin), des natures, des en conversion .. mais qui travaillent tous dans le même sens.

Partant du constat que nous ne voulons pas être simplement dans des petites cases, des classements bien alignés et sages, que nous en avons assez des comparaisons entre vignerons, des « il fait mieux parce qu’il fait comme ci ou comme ça », nous voulons juste faire connaitre nos vins.
Notre pensée est que la seule valeur qui prévaut est de préserver, (faire revenir, aider) la vie de la terre, le travail des vignes, les raisins, le travail en cave et le vin. Pas autre chose. Et le minimum pour ça est d’être en conversion.

Je me suis entendue dire  » mais tous les vignerons ne sont pas en bio, ils ne sont pas répertoriés à l’Agence bio »! Ben non, ils n’y sont pas tous puisque certains sont labellisés ailleurs et d’autres pas du tout.. « ça fait du tort aux vignerons qui paient leur labellisation » : je ne le pense pas, nous la payons, tous les ans depuis 6 ans, parce que c’est notre choix..
Je me dis que ce n’est pas en séparant les blancs des jaunes qu’on peut faire une bonne omelette..
Quand les gens de la vigne autour de nous se posent des questions parce que nos vignes sont exemptes de maladies et pas les leurs, nous nous disons que c’est l’amorce de quelque chose. Pour nous, nos vignes ont appris ou réappris, en n’étant plus perfusées par des traitements irréfléchis et surtout stérilisants toute vie dans la terre, à se défendre, à lutter contre certaines maladies. Elles retrouvent un équilibre qui fait partie d’un tout.
Donc, certains ne sont pas labellisés, mais ils sont cooptés par 2 autres vignerons qui savent comment ils travaillent. La confiance, c’est parfois bien..

Une autre des conditions pour participer, et presque la plus importante : que les vins soient droits.
Que chacun travaille comme il l’entend, en faisant du mieux qu’il peut (dans les limites indiquées plus haut, le respect de la terre), mais que le résultat soit là.

 

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Parce qu’au final, outre la façon, la philosophie, la volonté du vigneron, le plus important reste quand même le plaisir que chacun peut avoir en buvant nos vins !!

Ps : on me sussure dans l’oreillette qu’un Off pendant Vinisud, en février, est aussi dans les tuyaux.. Stay tuned !

De Paris à…chuuuuut… ça pousse !!

Ou « vigneronne des villes, vigneronne des vignes  » c’est aussi ça le bonheur de ce métier : avoir de multiples facettes, ce qui évite ennui et lassitude ! J’ai donc passé une semaine à Paris, filant de rendez-vous en rendez-vous, animant une dégustation chez Philippe, caviste « Au Lieu du vin » à côté du Père Lachaise..

J’aime ces moments, après la mise, où je présente nos vins à nos partenaires, partenaires potentiels.. et à leurs clients. J’aime voir leur tête changer de « ah, vous êtes dans le Languedoc » (comprenez : » vos vins sont forcément puissants ») à « Ah oui mais non.. ils sont fins, avec de jolis épices et laissent une belle fraicheur ! » Ceci surtout pour les clients non spécialistes, mais pas que. Notre petite appellation de Languedoc-Cabrières sait se faire aimer des professionnels, qu’elle surprend parfois aussi..

Après le Jardin des S20140409_165347ens à Montpellier, où Bouteilles à la mer 2011 est restée le temps de l’automne sur un menu agneau et truffe, c’est au tour de notre Pic de Vissou de se distinguer en étant à la carte permanente du Laurent sur les Champs Élysées.

Il l’est déjà depuis quelques semaines, mais je n’avais pas eu le plaisir de rencontrer l’équipe des sommeliers et Mr Bourguignon, pour leur faire déguster nos différentes cuvées. Ce fut un plaisir, on a toujours à apprendre de chacun !
J’ai aussi eu le plaisir de faire déguster nos petits aux sommeliers du restaurant Lasserre, dont Antoine Pétrus, (MOF sommelier en 2011) dont la rapidité de dégustation est impressionnante.
Pas mal de restaurateurs, cavistes devraient s’inspirer de leur simplicité et humanité,  ce sont des personnes qui ont une vraie considération pour le métier de vigneron.

Bref, j’en ai fait des kilomètres à pieds ! De chez Arthur « à l’ombre d’un bouchon » chez qui nos vins sont depuis plus d’un an maintenant, à Serge de « Mi-fugue, mi-raisin » en passant par Nathalie et Olivier dont l’épicerie fine « Agrology« contient des merveilles de gourmandise, je me suis vraiment régalée à faire connaitre nos vins à tous ces passionnés. En rencontrant Céline et Pierre des « Bricoles« , restaurant si sympathique ayant une âme, un coeur énorme ! Et encore plein d’autres dont Pierre, au « Petit sommelier » autre dégustateur hors pair, Marie-Christine dont l’arrière grand-père a créé la cave au décor authentique. De vrais personnages !

20140412_125434Et lorsque je rentre, je languis de faire un tour dans les vignes, voir leurs changements, si nombreux en cette saison.. Ça pousse, gaiement, joliment, tendrement.. Les pousses sont si fragiles !
Quand le printemps arrive, c’est vraiment une nouvelle année qui commence, avec ses peurs et ses bonheurs..
Chuuuut… les bébés raisins sont déjà là !

20140412_125904Dans le « on ne nous avait pas tout dit » (livre que nous nous étions promis d’écrire quand nous avons commencé notre reconversion), cette année nous pouvons rajouter le chapitre « porquets » apparemment des petites chenilles dont on ne peut se débarrasser qu’en les ramassant la nuit venue et qui se régalent des tendres pousses de notre plantier..
Et elles sont voraces..

Mais sinon, tout va bien on peut presque entendre pousser les bourgeons et ce calme après la tempête bruyante de Paris est… comment dire ? Ressourçant, réconfortant, calmant. Ça vous ancre les deux pieds dans la terre 🙂20140412_125305