Clap de fin ! #Vendanges 2017 #Mas Coris

Elles ont déboulé comme une surprise, bouleversant le train-train des dates : nos 8èmes vendanges. Elles nous ont offert plein de surprises, bonnes et moins bonnes et pas mal d’étonnements..

Nous avons débuté le 21 août, date précoce s’il en est.. et par les cépages rouges ! Du jamais vu…
Les Syrah, tout d’abord, avec une magnifique maturité, peu de jus et des pépins mûrs de chez mûrs. Le résultat est un jus concentré, avec de belles anthocyanes, magnifique ! Cette belle concentration s’accompagne toujours de la fraîcheur du terroir de Cabrières.
(mais je languis de voir les dents et langues des dégustateurs pros lors des salons cette année, nul doute qu’il n’y a pas que notre syrah à être aussi colorante !)

 

À suivi ensuite Mr Grenache de la Combe, dont la maturité arrive toujours comme un boulet de canon : bien exposé et protégé, il profite à fond de son lieu de naissance pour nous offrir de beaux raisins.
Son jus est droit, intense, avec une belle gourmandise.

Ensuite, vint le tour de notre plantier : Vermentino, Grenache blanc, Roussanne et Viognier se sont tirés la bourre pour avoir une belle maturité d’ensemble..
Nos vignes nous ont fait, cette année encore, le plaisir de ne pas avoir de maladie, zéro, rien, nada.. Les raisins étaient magnifiques, compte-tenu de la grêle de mars, du gel d’avril et de la sécheresse. Peu de traitement, 4 pour tout dire et pas de tri à faire : le bonheur ! Au moins de ce point de vue là..

 

Puis notre Coulée Douce, qui, dès ses débuts en bébé jus, laissait présager, cette année encore, une couleur claire. 70 % Cinsault, cépage peu colorant s’il en est. 30 de Grenache ramassé avant sa pleine maturité, font que notre rosé fera toujours partie des rosés clairs. Sans que ce soit volontaire.
Contrairement à ce que m’a dit « élégamment » un journaliste (spécialiste des rosés) lors d’une dégustation, nous ne faisons pas et n’avons jamais eu dans l’idée, ni l’envie, « de faire une copie de rosé de Bandol« .
Nous faisons NOTRE rosé, il se trouve qu’il nait comme ça : clair.

Ensuite… J’ai perdu le fil je crois !! Ha non, ensuite, c’était le tour de notre Cinsault du bas, celui de notre vieille-vigne-toute-mal-foutue-mais-qui-donne-toujours !
Une belle maturité, des raisins encore une fois sains et assez juteux, par rapport au reste des vendanges, (tout est relatif hein..). Et ce sous un ciel couvert qui nous a épargnés, pôvres vendangeurs !vendange-syrah-du-bas

Ensuite… Après quelques jours de répit, ça a été le tour de notre grenache du puits, une de mes parcelles préférées. Des rangées courtes, pas trop pentues, taillé en gobelet, c’est l’une de celle qui donne des journées de vendanges gaies et joyeuses. Les vendangeurs se transforment en oiseaux qui pépient d’un cep à l’autre ! Là encore, belle qualité de raisins, rendant la ramasse agréable.grenache-du-puits.jpg

À nouveau quelques jours de répit, histoire de laisser à Melle Clairette presqu’une semaine pour finir de se pomponner. Ce qu’elle a fait avec plaisir, dorant ses grains, repliant ses feuilles au passage pour se protéger de la sécheresse. Peu de raisins là encore, et peu de jus. Mais de belle facture !
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Suffisamment mûre pour que ses grains tombent en voyant arriver l’épinette !!

Nous avons donc terminé nos vendanges le 8 septembre. Exceptionnel, surtout pour les cépages rouges, tous vendangés au 31 août !
Tout comme cette dernière journée commencée avec le coucher de la lune et le lever du soleil, quelque chose de magistral..
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La nursery est en route à la cave, les soutirages ont commencé,  les décuvages aussi. Enfin juste un pour l’instant, celui de nos Syrah..
L’intensité et la plénitude de nos jus laissent présager de jolis vins, belle image de notre terroir si particulier de Cabrières.
To be continued !

 

 

La nouvelle, suite…

10 ans maintenant que Vina et Vino Vinum se sont plongés dans le vin. Une reconversion devenue, dès le début et de plus en plus une passion.
Quelque chose de difficile à expliquer tellement ce métier vous prend avec force. Vous prend, vraiment, dans le sens englober, absorber, aspirer.
Plus rien ne compte à part lui et, si l’on n’y prend garde, il vous prend tout votre temps, toute votre énergie, votre vie en fait. Comme une espèce de Vortex.
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« Bon allez, on se remet la tête aux vendanges ! »
Garant le pick-up le long du mur du chai, à l’ombre, Vina s’y engouffre « Tout est bon pour vous les garçons ? Je vous amène 16 belles caisses, à vous de jouer ! »

Vino, le nez à peine sorti de la cuve qu’il vient de nettoyer à fond, de désinfecter, descend de l’échelle et ouvre le cahier de cave. Le cahier de bord du domaine. Il y note consciencieusement le nombre de caisses. Ce qui permet d’avoir avec une belle précision le nombre d’hectos possiblement ramassés par hectare. On peut ensuite faire des comparaisons par rapport aux autres années.

Avec l’aide de Bourrud’humour et de Blabla, Vino décharge les caisses et les vide dans le pressoir.
Pour le blanc comme le rosé, le tri se fait à la vigne : les grappes mûres et saines uniquement, sans feuille ni herbe. De beaux raisins «  propres » prêts à être pressés.
Tous les quatre scrutent les caisses : la qualité est au rendez-vous, les sourires sont majuscules !
« Tout se passe bien ? » lance Vino en basculant une caisse dans le pressoir.
« Jusque là, tout va bien, les garçons sont épatants, mettent de la bonne humeur partout et beaucoup de volonté de bien faire. Du coup, chacun donne son maximum. J’adore quand il y a cette ambiance dans les vignes !  »
« ha oui, et puis… » Vina est interrompue par le bruit du Kreyer, le groupe de froid, prêt, lui aussi, à donner son maximum..
«  J’y retourne, ils ne doivent pas être loin des 16 prochaines caisses »

Vina remonte dans le 4×4, fait demi-tour et direction les vignes. Elle fait signe en passant à Gaby sur son tracteur. Sa remorque pleine, il file à la coopérative. Un tout autre monde, fait de course contre la montre, de machines à vendanger et de tour de rôle..
Côtoyer les viticulteurs permet de comprendre leurs aléas, sans pour autant être d’accord sur tout. Mais le dénominateur commun reste, pour beaucoup d’entre eux tout comme pour Vina et Vino, l’amour de la vigne.

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La suite tout bientôt…
Je vous invite à chercher le veilleur des grains dans la photo 🙂

Le lièvre et la tortue..

Fable que vous connaissez tous : cette année, nos vignes ont été une fois tortue puis lièvre, nous obligeant à puiser dans nos réserves, à chercher notre 2ème souffle..
Un peu de répit pour vous tenir au courant de nos vendanges qui ont commencé lundi 5 septembre et se sont finies mardi 13, soit très exactement… 7 jours !!

De l’intense, du dense, de l’épuisant, du beau, du rare et du qualitatif..

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Du jamais vu, de notre courte mémoire de vignerons, ce ne sont que nos 7èmes vendanges, mais aussi semble-t-il de mémoire plus longue d’amis vignerons.

Une drôle d’année, pendant laquelle les vignes ont joué à la tortue pour finir en lièvre, nous laissant épuisés, mais, malgré tout, heureux !
Tortue parce que les maturités ont tardé à venir, entre un printemps très pluvieux et un été d’une sécheresse, chaleur et longueur impressionnantes.
Lièvre parce qu’ensuite tout a mûri en même temps, nous obligeant à jongler entre les jours de vendanges et les jours de repos… vendanges !!

Nous venons de passer 7 jours de folie, nous levant à 4h30 pour être sur le « pont de notre bateau » à la fraiche, choisissant la veille pour le lendemain les parcelles à ramasser. Je n’ai jamais autant croquer de raisins pour me rendre compte des maturités.
Et je n’ai jamais eu autant de goûts de noisette, de fruits secs, en croquant les pépins.. !20160906_085317

Heureusement, nous avons eu une équipe de folie, des jeunes bosseurs avec qui nous avons pu ramasser 2 parcelles certains jours. Des warriors de l’épinette, de l’égrappoir et du tri 🙂
(NB : bien préciser aux vendangeurs qu’ils ne sont pas là pour aider (!) -dixit une qui nous a lâché en route..- mais pour travailler.)

Notre fidèle Kreyer a bossé au même rythme pour refroidir les jus de raisins ramassés par 36° parfois ! Il a fallu tenir le choc en cave aussi, avec toutes les cuves pleines en même temps, les délestages, remontages, débourbages et pigeages nécessaires pour donner le meilleur de notre récolte.

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Notre Syrah du haut

Heureusement, Jean était aussi en mode warrior, guerrier de la pompe et des manches, des drapeaux, des raisins, des rafles et …tout et tout !

Et au milieu de toute cette précipitation, rapidité et mûrissement à donf’, Monsieur Cinsault, lui, a pris son temps, bloquant sa maturité un moment, nous laissant un peu de marge pour le ramasser en dernier.. juste avant les pluies orageuses prévues et qu’il aurait difficilement pu supporter avec sa peau fragile, sa nudité (même plus de feuilles de vigne !).

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Notre Cinsault du bas

En terme de récolte, avec cette sécheresse, c’est presque 30% de moins, selon les cépages, comme chez beaucoup cette année..
Mais une belle qualité de raisins : sains, petits mais costauds, leurs jus sont concentrés sans extraction forte, joliment goûteux et prometteurs.

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Le juteux Cinsault
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Les beaux blancs

La pouponnière est pleine, à nous de bien faire grandir tous les petits, avec des surprises à venir.. !

 

Gédéon le pressoir..(il aurait pu s’appeler « Euro » !)

Mais avant tout, parlons peu et parlons raisins..
Il y a un moment que je ne vous ai pas parlé des vignes, tout simplement parce que j’y suis moins allée cette année. Une énorme fatigue, une sorte de « burn-in »..
En partie due à la fibromyalgie : elle m’a rappelé que je ne pouvais plus du tout avoir le même rythme que (Jean) tout un chacun. J’ai oublié de m’économiser, tout en ayant l’impression de le faire..

Trop de travail non stop, trop d’énergie dépensée tous azimuts..
Peut-être aussi trop de passion, bref trop de trop !!

Du coup, j’ai levé le pied, un peu, beaucoup, passionnément. Ça ne veut pas dire que je n’aime plus les vignes, au contraire ! Comme Jean est là et qu’il veille aux grains, j’en profite, tout en assurant toujours les parties commerciale, paperasse, dégustations, etc… Tranquille mimile. Je sais que quand je vais retourner dans cet endroit que j’aime tant, sous peu, j’y retrouverai bonheur et sérénité.

Pendant ce temps, la vigne pousse, pousse pousse et les raisins commencent petit à petit leur véraison. J’aime leur allure de bonbons, ces couleurs qui m’ont tant surprise quand je les ai vu pour la première fois (ben oui, je n’avais jamais réfléchi à la manière dont les raisins murissent).
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Les vendanges arrivent à grands pas !
Et avec elles le travail de cave. Nous avons constaté l’année dernière à quel point notre petit pressoir à cliquet devenait insuffisant par rapport à la nouvelle taille de notre (toujours) petit domaine.
Devant les prix des pressoirs pneumatiques et des nouvelles cuves, que nous ne pourrions acheter, je n’ai pas hésité : le nez à fond dans les papiers, j’ai fait une demande d’aide européenne : accordée !!
Alors oui, souvent je peste contre l’europe, contre son côté technocrate à deux balles qui nous étouffe sous tant de règlements et nous oblige à tant de paperasses et je continuerai à pester contre ses inepties.

Mais là, je souffle, et si nous pouvons changer notre outil de travail, gagner en temps et en praticité, c’est aussi à vous que nous le devons : au moins, nous savons où est allée une partie de vos/nos taxes !! Merci donc à vous aussi 🙂

Je vous le montre ? Il est beau comme un camion !

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Gédéon, ça lui va bien non ?

À vendanges spéciales, cuvée spéciale..

Et oui, cette année est la plus belle de nos années de vendanges.. Les vignes nous ont donné des raisins sains en quantité à peu près égale à l’année dernière, sans tri à faire au ramassage.. Des vendanges faciles en somme : couper le raisin, voir qu’il est sain et beau et le mettre dans sa caisse !

Les fermentations se passent bien, ça glougloute gentiment, rosé, blanc et rouges sont au diapason de cette belle vendange. Les jus sont beaux, les arômes bien présents et déjà on sent poindre un bel équilibre qui fait parler les raisins et les sols de Cabrières..
Si tout ce passe bien donc (ne jamais jamais vendre la peau de l’ours…etc..), les vins devraient être beaux eux aussi..
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Mais cette année est spécifiquement spéciale ( j’insiste bien là) aussi pour nous car, outre nos vignes et leurs fruits, nous avons aussi regardé pousser et grandir, s’arrondir et arriver à maturité, le ventre de notre si jolie belle fille ! Notre grand fils va donc être papa à son tour..

Comment ne pas faire de parallèle entre ces raisins, ces vignes et ces vins que nous choyons et élevons, regardons grandir et la beauté de ce ventre contenant tout l’amour du monde ?
Nous avons ri en parlant de véraison, de nouaison, pensant aux raisins et à notre petit-bébé à naitre.. mais surtout, ça nous donné la chance de connaitre une sensation nouvelle, d’enrichir notre année en émotions. Un bonheur plein, rond, ensoleillé, comme nos raisins.
Et savez-vous quoi ? Ça nous a fait réaliser aussi que, de la taille aux vendanges, il se passe 9 mois ! Un diapason qui a été pour nous un parallèle doux, chaud et émouvant..

En plus, « la petite » a attendu la nuit dernière, soit une semaine après la fin de nos vendanges pour pointer le bout de son joli nez, elle est parfaite !! La 8ème merveille du monde, en mieux !

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Nous aurons donc cette année une cuvée d’exception pour notre Pic de Vissou : le  « Pic de Vissou de la Petite »

PS : selon la formule consacrée, les parents vont bien et les papys et mamies sont aux anges ! 🙂

Cochon (genre sanglier) qui s’en dédit..

J’aurais pu titrer « certains ont la grêle, plus spectaculaire, nous c’est les sangliers »..
Hier était notre premier jour de vendanges de l’année 2014. Un millésime qui s’annonce plutôt pas mal -ne vendons pas la peau de l’ours..etc..-  Peu de traitements, des raisins sains et en quantité, une maturité qui prend son temps, tout y est, même, malheureusement, les sangliers !

Comme chaque année me direz-vous. Ben non, pas complèment, parce qu’ils sont beaucoup plus gourmands.. pour ainsi dire même voraces..

Toute l’année nous avons bichonné nos vignes, surtout le plantier de blanc. Certains de ses quatre cépages nous promettaient une jolie récolte, d’autres se reposaient de l’année dernière, un autre encore subissait les assauts des porquets (des chenilles dévoreuses), puis des chevreuils (qui adorent les jeunes pousses tendres)..
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Le viognier a donc fait l’impasse sur sa production, le grenache blanc a été attaqué dès le tout début du printemps, la roussane a produit un peu et le vermentino était magnifique. De belles grappes se doraient au soleil, protégées par un feuillage souple et bienveillant.. Je pourrais vous en faire un poème ! Mais nous en avons fait un pressoir.

Nous nous étions rendus compte assez vite des attaques répétées des sangliers au fur et à mesure du mûrissement des raisins. Essayant même de les freiner en mettant de la « rubaline » autour de la parcelle.
Tout d’abord limitées à la périphérie, elles ont eu lieu au final sur tous les rangs, nous enlevant à peu près 50 à 60 % de la production..

Voir ça quand nous avons apporté tant de soin à ces petits, je revois Jean allant arroser les rares petits plants qui n’avaient pas pris la première année et qu’il avait remplacé. Je repense aux heures passées pendant la taille. C’est vraiment désolant pour ne pas dire démoralisant.. Non, nous ne faisons pas ce métier pour nourrir les sangliers !!

Nous avons appelé les chasseurs de Cabrières qui nous ont assuré être venus sur nos parcelles.. Nous allons bien-sûr faire une demande à la fédération de chasse, pour un remboursement qui a tout de symbolique, tant pas la somme que par le manque à gagner. Nous pensions faire le double de volume de l’année dernière, nous sommes à presque moins..

La vente de notre Pic de Vissou 2014 se fera donc sur réservation..

Les mains dans le gâteau !!*
Les mains dans le gâteau !!*

* le gâteau est le nom donné à l’amas compact de raisins une fois pressés, que l’on peut voir une fois les demies cages de bois du pressoir enlevées.