Et si l’on faisait une rebêche ?

Parce que les (raisins) vignerons ont bien été pressés par les écrivains/journalistes/écrivaillons de tout poil, si nous nous posions les bonnes questions à propos de qui est vraiment journaliste, avec sa carte pro ? Qui a déjà fait tout un cycle chez un vigneron ? Qui connait vraiment tous les aspects de notre travail ?

Je vous dois une explication : qu’est-ce qu’une rebêche ? C’est le fait de presser une deuxième fois les mêmes raisins dans le pressoir, afin d’en extraire tout le jus.
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Dans la suite de mon dernier billet, pour en finir avec ce « pressurage direct* » des vignerons par des gens dont, pour certains, les contours sont flous, j’aimerai que l’on en arrive à en savoir plus sur eux.
On nous demande si souvent de montrer notre travail, de sortir les analyses de nos vins, de se justifier. Et si c’était à eux de le faire ?

Il est si facile de critiquer, de dénigrer un travail. Il est facile de tirer à boulets rouges sur les vignerons et leurs gammes..

Alors Mesdames, Messieurs, prêts à nous dire qui vous êtes vraiment ?
1 Retraité(e),
2 Journaliste pigiste, journaliste,
3 Ecriture au stylo à plume sur papier ?
4 Sur traitement de texte ?
5 Machine à écrire ?
6 Pas pro de l’écriture alors quel est votre travail réel ?
7 Votre degré de connaissance dans le métier de vigneron ?
8 Votre degré de connaissance dans le vin ?
9
le vin : un hobby ?
10 Combien de visites dans les vignobles ?
11 Combien d’amis vignerons ?
12 Manichéen avec des idées arrêtées ?
13 Curieux : on en apprend tout au long de sa vie ?
14 Combien de dégustations ? Pros ou non ?
15 Payez-vous vos échantillions ?

Voilà, vous pouvez répondre dans les commentaires, sur les réseaux sociaux ou sur vos blogs. Mais en fait, dans les commentaires c’est bien mieux, ça permettra de tout centraliser..

Dans l’attente de vos réponses qui seront autant de plaisir de lire encore, surtout pour nous autres, petits vignerons.

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pressurage direct* : ramasser les raisins et les presser dans la foulée, avec ou sans rebêche

Dégaine, t’as ta chance !!

C’est la première réflexion qui me vient à l’esprit quand je vois avec quelle rapidité Jean écrit et vous tient informé sur son site.. Son métier de journaliste est une deuxième nature, à moins que ce ne soit l’inverse ! Quant à moi, j’ai toujours besoin de « digérer » les infos, les expériences et/ou les nouvelles, avant de vous les restituer..

Hier était donc la première de nos « journées portes grandes ouvertes« .

En plus de la joie de partager notre travail au coeur de la cave, nous avons pu parler avec chacun du comment on fait le rosé ? le rouge ? pourquoi telle cuvée ? qu’est-ce qui nous décide à la création d’une nouvelle cuvée ? etc…
Les personnes qui nous posent ces questions commencent souvent par « elle va peut-être vous paraitre idiote ma question, mais je n’y connais rien » et là, nous lui répondons sans complexe « Il n’y a que 4 ans que nous avons commencé et nous ne nous y connaissions pas plus que vous !! ».
C’est probablement ce manque de complexe qui facilite tant les rapports.. Notre simplicité n’a d’égal que notre envie de faire part de nos enthousiasmes, difficultés et autres découvertes.

Faire du vin commence avec le travail dans vignes, se prolonge dans les cuves et les barriques et se conclue en bouteilles dans lequel le vin a parfois besoin de vieillir. Ce n’est pas toujours facile, souvent dur même, mais tellement passionnant !
Alors quand, comme durant cette journée, nous pouvons transmettre notre passion, nous savons que ces personnes ne boirons plus seulement « du vin », mais notre vin et ça, ça change tout !

Notre joie était encore plus grande durant cette journée car nous avons eu la joie d’avoir nos deux fils Brice et Maxime avec nous (ce qui est rare, les deux bossant beaucoup et l’un des deux souvent à l’étranger).. Le bonheur, juste !

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Messieurs du gourvernement, messieurs les bureaucrates, messieurs de l’europe, vous n’êtes ni plus ni moins que nos salariés..

Lettre ouverte aux gens insensés sensés nous gouverner et qui disent tout faire pour venir en aide aux petits vignerons/agriculteurs.. Je n’ai pas de mot pour dire ce que je pense de ce que vous faites, pas de mot pour vous prouver votre manque de bon sens, pas de mot pour vous dire que votre illogisme et votre vision des choses nous amènent droit là où personne ne veut aller..

Il y a quelques temps, j’écrivais que nous n’avions pas droit aux aides de l’europe car nous étions une trop petite entité.. à (re)lire ici. Incompréhension totale, questionnements du pourquoi et de la logique étaient alors dans mes pensées.

Ce matin, à la recherche d’infos diverses et variées, je suis allée à une réunion organisée par le syndicat des Pays d’oc, qui promeut les vins en IGP (Indication Géographique Protégée), réunion portant sur les aides européennes en général, puis plus particulièrement à l’export..
Nous n’avons pas de vins en Pays d’Oc, mais je ne savais où les trouver les renseignements par ailleurs. Une mine d’infos cette réunion, j’en profite d’ailleurs pour dire à mes confrères et consoeurs qu’ils ont là un outil à la pointe, performant et avec des aides financières hors du commun !

Bref, la première partie de la matinée était consacrée à un état des lieux (en quelque sorte) des aides OCM (aides européennes donc).. Et, dès la présentation des intervenants par la directrice, j’apprenais que les aides européennes, parce qu’elles n’avaient pas été consommées, devaient être rendues.. Vous avez bien lu !!!

Soit les personnes y ayant droit n’ont pas eu l’info (donc défaut de communication des organismes), soit… je me perds en conjectures..
Une question me vient à l’esprit : pourquoi alors ne pas avoir ouvert cette aide aux petits comme nous ??? Pourquoi préférer laisser partir cette aide dans d’autres pays d’europe, qui sont, de fait, nos concurrents directs ??

Lorsque nous avions obtenu cette aide en 2010, elle était passée de 40 à 30% parce qu’il y avait beaucoup de demandes, et là, on nous dit qu’il n’y en pas eu assez, alors qu’elle était interdite aux petits producteurs.. cherchez l’erreur !!

DSCF3882Je n’ai pas une mentalité d’assistée, ni Jean d’ailleurs, ceux qui nous connaissent bien pourront vous le certifier, mais, pour avancer dans nos projets, cette aide aurait été plus que bienvenue.. Nous aurions pu faire plus de travaux et aménager encore mieux le chai pour recevoir nos clients, mettre au point notre envie de compléter notre offre par des repas-dégustation dans le chai. En faire une base pour nos offres oenotouristiques à venir.
Acheter plus facilement la cuve nécessaire à l’arrivée de notre futur blanc.. etc..
Parce qu’il faut nous diversifier si nous voulons survivre, nos circuits de distribution, qui sont, dans notre cas, d’autres petites entités, d’autres artisans, souffrant tout autant que nous du pessimisme ambiant que d’aucuns appellent « la crise ».
Alors je vais vous dire, Messieurs les politiques, vous brassez trop d’argent. Pour vous 10000 euros ne représentent plus rien. Pour nous, 100 euros, c’est une somme.. Vous voyez le décalage ?
Pour mieux vous expliquer, je vais vous donner un exemple : nous avons reçu la facture de notre organisme certificateur il y a quelques temps (et oui, en plus, nous sommes en bio, donc nous payons pour montrer que nous ne polluons pas -cherchez, là encore, la logique). Elle a augmenté de 80 euros : 30 euros pour payer le contrôle de la vinification qui ne se faisait pas avant et 50 euros pour frais d’analyses. Hors ces analyses, nous les faisons déjà, par un laboratoire indépendant, certifié (avec toutes les certifications possibles) et c’est ce laboratoire qui fait les prélèvements. Sans doute que pour vous ces 50 ou 80 euros ne sont rien, mais pas pour nous !
Ces analyses, nous les payons encore quand nous nous affilons au Syndicat des AOP, là aussi, un contrôle a lieu. Les organismes certificateurs peuvent donc trouver, en toute indépendance, ces analyses déjà faites. Ce qui nous éviterait de les payer 3 fois !!

lesmainsdanslecambouisEt tant qu’à être dans les chiffres, je vais vous le dire franchement, tout de go : nous étouffons sous vos 400 000 normes.. Ont-elles empêché la France d’être la plus atteinte par « l’affaire de la viande de cheval » ?? Non, alors revenez au bon sens, faites le ménage..
Evidemment, c’est une rude tâche, mais une fois les mains dans le cambouis, vous pourrez vous dire avec satisfaction que vous avez réellement quelque chose POUR vos concitoyens et pas contre eux..

Et puis, quelque soit votre niveau d’élection, maire, député, député européen, dites-vous chaque matin que ceux qui vous paient, c’est nous, chacun d’entre nous, ça vous rappellera peut-être que derrière chacune de vos décisions, il y a des humains, des hommes et des femmes qui sont des artisans, des amoureux de leur travail.

A oui, j’allais oublier, au cas où vous ne le sauriez pas, nous autres, petits artisans du vin, sommes une des forces de l’exportation française, juste derrière l’aéronautique.. Si si, je vous l’assure..
Et notre métier consiste à créer de la convivalité, du plaisir et du bonheur, n’en déplaise à Monsieur Evin et consorts qui nous interdisent de montrer une personne souriant avec un verre ou une bouteille à la main.. Et je ne peux que vous inciter à lire le livre de Jacques Dupont « Invignez-vous »..
Je ne vous parlerai pas ici du rapport de Mr Reynaud que je viens de lire (je vous mets le lien ici, si vous en avez le courage, lisez-le, c’est instructif).. J’en ferai l’objet de mon prochain billet..

du haut du Pic de VissouEnfin je vous invite, Messieurs les politiques et bureaucrates, à venir faire un tour chez nous, à votre convenance (il faut juste appeler quelques jours avant au 06 74 14 88 91, histoire de préparer le pique-nique). Remettre les deux pieds dans la terre, la vraie, est toujours bénéfique..
Vous pourrez vous offrir une dégustation de nos vins que l’on dit bons (voir plus ici) dans un cadre exceptionnel..