« Ça c’est Julou !!! »

Quelle surprise de me rendre compte que je n’ai pas écrit ici depuis.. août 2018 !! Je ne pensais pas avoir attendu autant..
Ce n’est pas parce que rien ne s’est passé, comme vous vous en doutez, loin de là. Simplement, outre le temps qui file comme une comète, venir vous écrire ici veut dire que je me sens bien, légère et passionnée. La passion est toujours présente, mais tempérée par les « choses de la vie » qui vous bouleversent et vous remuent..
N’étant pas du style à écrire du fond du tambour de la machine à boules du loto, ni du style à vous crier « quine ! » ou « carton plein ! », j’ai laissé ce silence s’installer.

Mais quel est donc ce titre en fanfare ? « Ça c’est Julou !!! » ?
Notre nouvelle cuvée. Nous avions prévu de la mettre en BIB en forme de coeur, sous le nom de Palpitant, l’année dernière. L’impression n’ayant pas été comme nous le souhaitions, nous avions renoncé.
Le vin est donc resté tranquillement dans sa cuve inox, attendant notre prochaine mise.

Je suis heureuse de vous présenter « Ça c’est Julou !!! », cuvée joyeuse et sérieuse tout à la fois. Hommage à Julou, personnage qui a donné son nom au mazet que nous avons dans les vignes.
C’est un grand-oncle cabriérois qui nous en a parlé. Âgé de 92 ans, il nous a raconté avoir joué dans ce « mazet de Julou » étant petit. Nous ne savons pas grand-chose de Julou, sinon qu’il a travaillé dans nos vignes il y a un siècle.
Notre métier s’hérite aussi des anciens, comme la terre, les vignes. Cette cuvée est un juste rappel de ce temps partagé.

Pour revenir à nos fondamentaux, à la base de ce blog : notre petit domaine du Mas Coris : tout va bien !
Je m’étais donc arrêtée avant nos vendanges. Elles se sont bien passées. Comme on s’y attendait, moins de Vermentino et de Grenache que les autres années.
Nous avons fait, le 6 mars, notre mise en bouteilles. Comme toujours une magnifique journée de boulot de dingue, mais surtout de rires et de convivialité.
Nous avons mis en bouteilles, cartons puis palettes 6322×75 cl de vins très exactement.
Dans l’ordre d’apparition en bouteilles : Atout Pic blanc, Pic de Vissou blanc, Coulée douce (notre rosé), Atout Pic rouge, Bouteilles à la Mer 2017 et Julou.

Vous voulez toutes ces nouvelles (et les anciennes) cuvées ? Rendez-vous ce week-end à L’Horme, pour le salon de Gier juste à côté de St Chamond.
J’y serait à partir de ce soir et jusqu’à dimanche.. Place 35 ! ,

À tout bientôt !

Mon cri du coeur, aux couleurs de Noël, en rouge et blanc

À contre-pied du « Black friday » qui fait florès sur les réseaux socieux, radios et autres supports médiatiques,  nous répondons par un « Red-tout-le-temps » et un « White-tout-temps« .  Parce que nous sommes des artisans, que nos vins se bonifient en vieillissant, que nos prix ne changent pas souvent – et pas sur les millésimes anciens- que notre passion remplit toujours nos bouteilles.


Nous avons besoin de vous pour continuer notre aventure. Comme depuis nos débuts. Nous avons besoin de savoir que vous vous régalez avec nos vins, que vous passez des moments heureux, bien loin de ce « Vendredi noir« ..
Traduit en français, ça fait tout de suite moins joyeux hein ?
Vous voulez en savoir plus sur les origines de ce vendredi noir ? C’est ici, ce que j’ai trouvé de plus fouillé et clair.

Pourquoi devrions-nous céder à cette mode anglo-saxonne que les commerçants veulent nous voir adopter à l’instar d’halloween ? Pour faire de bonnes affaires ? Nous avons déjà les soldes d’hiver.
Pour nous faire dépenser plus, ça, c’est sûr.. Et si l’on décidait de dépenser comme nous le souhaitons et pas en fonction de modes ?
La recherche des « toujours plus petits prix », dont nous sommes tous victimes un jour ou l’autre, fait tourner la tête : de soldes en promotions, de destockage en toujours moins cher, nous avons déjà de quoi faire. Pourquoi rajouter ce jour ?

Vous le comprendrez aisément, pour nous artisans, petits vignerons, il est très dur de s’arc-bouter contre ce genre de matraquage publicitaire. Et pourtant, avons-nous le choix ?
Non, vraiment non ! Nos prix sont calculés au plus juste pour que notre activité soit rentable et que nous puissions vous proposer un rapport prix/plaisir le plus juste possible. Nous ne comptons pas nos heures, un coup dans les vignes, un coup sur la route ou dans le train, ou encore la tête dans la paperasse.

Nous ne comptons pas nos heures pour que dans notre coin de nature, il y ait toujours de la faune sauvage, que la flore s’y réinstalle. Être à l’écoute de ces pieds de vigne que l’on bichonne l’un après l’autre.
Pas de mécanisation, tout à la main, pour notre plaisir, mais aussi notre volonté d’avancer vers plus d’échange entre plantes : celles que l’on pourrait planter pour qu’elles soient les engrais verts de nos parcelles.

Nous ne comptons pas nos heures pour vous trouver des relais qui soient à notre image : indépendants, passionnés, au juste prix. La liste est ici et .

Nous ne comptons pas nos heures pour nous dépatouiller de cette paperasse toujours plus envahissante, plus rigide et plus « dématérialisée » ( à nous les login et mot de passe à n’en plus finir !).

Bref, vous l’aurez compris, travailler en bio et tout à la main à un coût. Imcompressible.
Êtes-vous prêts à nous suivre dans cette voie ardue, mais si pleine de passion ?
Êtes-vous prêts à retrouver cette passion dans nos bouteilles ?

Nous l’espérons de tout coeur ! Et puis, les couleur de Noël sont le rouge et le blanc, non ? 😉

Notre boutique est ici aussi 🙂

Gédéon le pressoir..(il aurait pu s’appeler « Euro » !)

Mais avant tout, parlons peu et parlons raisins..
Il y a un moment que je ne vous ai pas parlé des vignes, tout simplement parce que j’y suis moins allée cette année. Une énorme fatigue, une sorte de « burn-in »..
En partie due à la fibromyalgie : elle m’a rappelé que je ne pouvais plus du tout avoir le même rythme que (Jean) tout un chacun. J’ai oublié de m’économiser, tout en ayant l’impression de le faire..

Trop de travail non stop, trop d’énergie dépensée tous azimuts..
Peut-être aussi trop de passion, bref trop de trop !!

Du coup, j’ai levé le pied, un peu, beaucoup, passionnément. Ça ne veut pas dire que je n’aime plus les vignes, au contraire ! Comme Jean est là et qu’il veille aux grains, j’en profite, tout en assurant toujours les parties commerciale, paperasse, dégustations, etc… Tranquille mimile. Je sais que quand je vais retourner dans cet endroit que j’aime tant, sous peu, j’y retrouverai bonheur et sérénité.

Pendant ce temps, la vigne pousse, pousse pousse et les raisins commencent petit à petit leur véraison. J’aime leur allure de bonbons, ces couleurs qui m’ont tant surprise quand je les ai vu pour la première fois (ben oui, je n’avais jamais réfléchi à la manière dont les raisins murissent).
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Les vendanges arrivent à grands pas !
Et avec elles le travail de cave. Nous avons constaté l’année dernière à quel point notre petit pressoir à cliquet devenait insuffisant par rapport à la nouvelle taille de notre (toujours) petit domaine.
Devant les prix des pressoirs pneumatiques et des nouvelles cuves, que nous ne pourrions acheter, je n’ai pas hésité : le nez à fond dans les papiers, j’ai fait une demande d’aide européenne : accordée !!
Alors oui, souvent je peste contre l’europe, contre son côté technocrate à deux balles qui nous étouffe sous tant de règlements et nous oblige à tant de paperasses et je continuerai à pester contre ses inepties.

Mais là, je souffle, et si nous pouvons changer notre outil de travail, gagner en temps et en praticité, c’est aussi à vous que nous le devons : au moins, nous savons où est allée une partie de vos/nos taxes !! Merci donc à vous aussi 🙂

Je vous le montre ? Il est beau comme un camion !

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Gédéon, ça lui va bien non ?

Mes petites adresses gourmandes d’ici et d’ailleurs…

entrée de légumes de saison

Je vous avais déjà donné quelques unes de mes adresses de restaurants sympathiques, avec un excellent rapport qualité/prix, telles que le « Very’table » dans le joli petit village de Neffiès.
Je vais vous en donner quelques autres, à Lattes, Montpellier, St Gely du Fesc pour rester dans notre coin de sud. Ce sont des adresses où je m’y sens bien, parce c’est simple (même s’il y a de la recherche) et j’y retrouve la même façon de travailler que nous dans nos vignes et surtout la même passion..

Le Coup de coeur à Lattes
Je commence par le dernier testé : le Coup de Coeur à Lattes. Comme mes autres adresse20150807_132209s, ici tout est cuisiné maison, frais, avec une belle présentation et un prix plus qu’abordable vu la qualité.
Le cadre est sympathique, l’accueil encore plus et les assiettes au top ! Que demander de plus ? Une belle carte des vins ? Elle y est aussi avec, en plus, les vins servis au verre..

Petite anecdote : c’est une ancienne cave à vin dans laquelle j’avais fait une exposition de peinture il y a…. Hooooouuuuu Mathusalem + 150 ans !!

Le Clos des Olivier à St Gely-du-Fesc
Le second est Le Clos des Oliviers (le site semble en maintenance..) à St Gély-du-Fesc, à deux encablures de Montpellier. Vous y serez accueilli avec gentillesse et professionnalisme par Didier et Sylvie Latour.
Le midi, un côté bistrot vous permet de profiter de votre pause pour manger bon.
Dans le jardin, on est à la campagne, sous les oliviers, avec les cigales et le bruit rafraichissant de la petite fontaine.. En cuisine, vous trouverez Grégory Doucey, un chef qui aime faire plaisir en travaillant de belles matières et ça se sent, se goûte et se dévore ! Une joie à chaque bouchée, c’est un sacré challenge qu’il relève avec brio.. Tout est recherche de contraste, d’accompagnement de goût, texture et couleurs. Les présentations sont tops sans être tape-à-l’oeil.. Du vrai bonheur dans l’assiette !

Entrée de la mer.. un délice gourmetentrée de légumes de saison

Je vous mets uniquement les photos des deux entrées que nous avons choisies :
1- parce que je ne suis pas photographe
2- mais je voudrais quand même vous donner envie ! 
                                                          Tout est délicatesse, ping-pong des goûts, textures et saveurs..
Nous avons pu remercier Grégory à la fin de notre repas, discuter un peu avec lui et j’en suis heureuse, ça me tenait vraiment à coeur..
Parce qu’il nous a donné un moment de vrai bonheur, à des prix tout à fait raisonnables. Un grand merci aussi à Sylvie et Didier ! J’ai oublié de vous dire que Didier n’a pas son pareil pour accorder les vins aux plats, laissez-vous guider 🙂
Une belle reconversion, ça mérite toujours d’être signalé..

Le Leclere à Montpellier
Le 3ème, c’est le Leclere à Montpellier. Comme il est écrit sur la carte de visite, Dominique Leclere fait une « cuiscarte de visiteine d’arrivage ». Superbe, avec des cuisson parfaites. Les produits sont mis en valeur avec recherche et toujours cette simplicité complexe que j’aime tant !
De l’entré au dessert, tout n’est que luxe, calme, goût et volupté.. Vu les prix, c’est un plaisir qu’il ne faut pas bouder !

Vous aurez en plus le plaisir de pouvoir discuter avec ce jeune chef passionné, J’y suis allée avec une amie et c’est un beau moment de retrouvailles qu’il nous a permis de vivre là.. (mais du coup je n’ai pas fait de photo..)
Petite anecdote : j’avais découvert ce petit bonheur de restaurant, quand il était encore « le Framboize » grâce à mon Maxime car il connaissait la jeune et tout aussi talentueuse cheffe Julie (à qui je souhaite une belle poursuite de carrière). Je l’ai indiqué à un critique gastronomique qui cherchait des restaurants Montpelliérains à moins de 25€. C’est donc à son tour qu’il m’a convaincu d’y aller, malgré le changement de propriétaire !

Pour ces trois adresses, une réservation est conseillée.
Je compte sur vous me faire part de vos appréciations ici ❤

Et Bon Appétit !!!

Dans ces restaurants, on retrouve la perfection des athlètes ou artistes dont on ne voit pas les heures de travail pour arriver à ce résultat, mais juste un exercice facile et voluptueux.. à des prix très très doux et de belles cartes des vins  !

Et la « routourne tourne »..

Titre emprunté à un footballeur qui a fait rire (ou se désoler) tant de personnes ,  lui qui espérait que la « routourne va vite tourner » !!

20140729_151834Nous allons arriver à notre 5ème campagne, nos 5èmes vendanges.. Incroyable comme ça file vite ! Cette semaine a été l’occasion pour nous de nous en rendre un peu plus compte en recevant au domaine des amoureux de la région et de ses vins et qui se posent beaucoup de questions quant à créer, eux aussi, un petit domaine..

Et nous voilà repartis 5 ans en arrière, quand nous aussi nous allions à la rencontre de vignerons. Etrange de se remémorer tant de chemin parcouru, en si peu de temps (dans notre tête !) et d’être à la place de ceux à qui nous posions tant de questions..
Etrange et réconfortant de pouvoir, à notre tour, leur dire « posez toutes les questions que vous voulez, il vaut mieux les poser avant qu’après.. » ! Même si, nous le savons bien maintenant, les questions sont comme un puits sans fond..

Nous nous sommes rappelés comme l’accueil attentionné de ces vignerons, pour lesquels nous n’étions rien (certains n’avaient même pas de parcelles à vendre), nous avait étonné et agréablement surpris. Mais, en changeant de rôle, nous savons maintenant que c’est innérant à ce métier, le partage n’est pas un vain mot, tout simplement.

Ce métier a tellement de facettes, une vraie part de rêve aussi, qu’il nous appartient de le montrer tel qu’il est, avec ses bonheurs et ses réalités parfois dures, sans faux semblant. Ne pas en faire une chimère, mais une possibilité de plaisir, d’accomplissement, y compris dans ses difficultés.
Parce que, au final, ces difficultés ne font que plus réaliser à quel point la liberté qu’il donne n’a d’égale que le travail effectué..
Je m’explique : pour être vigneron(ne), il faut avant tout penser « global », c’est à dire travail des vignes, de la cave, la paperasse et surtout, surtout, la commercialisation. Si ce dernier point n’est pas pris en compte, l’aventure ne durera pas..
20140729_153747 Comme dans tout métier, vendre permet d’investir, d’avancer, de faire des choix. Ce n’est pas si évident que ça en à l’air..
Pas parce que c’est difficile, non, même si ça prend beaucoup d’énergie et de temps, mais surtout parce que dans les vignes, on est diablement bien ! Parce que les vignes vous transportent dans un monde parallèle où le temps n’est plus le même, où vous êtes vous face à… vous.
Cette notion là est difficile à expliquer et à appréhender, la vigne a tellement de côtés positifs ! Mais elle est aussi un vecteur de désocialisation. Vous lui donnez toute votre énergie, du coup il en reste peu pour les soirées, les amis, la famille aussi parfois !

Il est important de lever le nez des souches et regarder l’horizon, allez à la rencontre des gens, les inciter à venir au domaine aussi. Ce qui se fait, pour notre part, avec un réel bonheur !

Leur dernière question a été  » Alors vous ne nous dites pas non ??  »
Ben non, on ne dit pas non, une fois que l’on prend la mesure des risques financiers (comment faire une petite fortune dans le vin ? ————–> avec une grande fortune !), la mesure de sa motivation, la mesure aussi de l’équilibre entre le plaisir et les em..dements, on ne peut que dire oui, allez-y, foncez !!
Mais pas tête baissée… !
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