La nouvelle, suite (2)

En descendant du pick-up, Vina jette un coup d’oeil rapide à cet endroit magique « je ne m’en lasserai jamais, c’est si beau ici, si « à part » ».
Elle repense au temps de la taille, dans le froid. Ce froid que l’on ne ressent que lorsqu’on s’arrête, tout à cette réflexion automatique qu’imposent les gestes.

Comment expliquer ce que l’on vit, penché sur les souches, préparant l’année suivante ?
Comment expliquer ce temps des vignes, si différent du temps normal ?
Ici tout se compte en souche/pied de vigne, en rangée, en parcelle. Rien à voir avec les secondes, minutes et heures..
C’est sans doute principalement ça qui fait qu’on  est si bien dans les vignes. Ça et ce rapport au vivant si particulier, au vivant qui se met en sommeil et se (re)découvre sans cesse.

« Alors, tout va bien ? »
« Impeccable ! ». Pour une réponse en choeur, c’est un best, on pourrait en faire une chorale sourit Vina.

D’aller-retour en aller-retour, sa demie-journée se transforme en tour de manège.. Un ballet bien réglé entre vignes et cave, équilibré par le nombre de caisses prêtes.
Aider à finir les caisses, booster, contrôler d’un côté. Goûter ce joli jus sucré coulant du pressoir de l’autre : le fruit d’une année entière de travail.

Peut-être que cette expression « le fruit du travail », qui prend tout son sens ici, vient du travail des gens de la terre ? À vérifier se dit Vina..

Vers 12 h, arrive le choix toujours laissé à la majorité des coupeurs, plus sa voix : finir les derniers rangs avant ou après manger ? La plupart du temps, le choix est pour l’après. Sauf s’il reste trop de rangées à faire..

Bref, vient le moment du repas, si important pour tous. Le pressoir s’arrête, les caisses sont à l’ombre, on peut enfin souffler un peu après cette journée de travail harassant sous le soleil.

Après un temps de remise en température des coupeurs dans la fraicheur de la cave, où chaque vendangeur se regarde avec dans les yeux un immense « Ouf, fini pour aujourd’hui ! » les langues se délient.

Chacun parle de son ressenti, de ses rencontres animales fortuites « tu l’as vu le rapace ? » « tu as vu l’énorme épiphygère ? »  » Pas de nid de guêpe j’espère ? »
« À propos de rencontres étranges, quelqu’un a vu l’homme à poil dans la vigne du haut ? »

Bouches et yeux arrondis de surprise, chacun regarde Vina qui vient de demander ça tranquillement, entre la poire et le fromage..

La suite tout bientôt..

Ps : je suis désolée pour les soucis de codage et surtout décodage apparus suivant les navigateurs. WordPress ne semble pas au mieux de sa forme !
J’espère y avoir remédié, sans être sure que la réécriture soit suffisante..

« De Chemins en Pistes »…

C’est le nom du Off (salon pour les professionnels) que j’ai le plaisir de partager avec des amis vignerons les 25 et 26 janvier. Pourquoi ce nom ? Tout simplement parce qu’il se déroule dans une salle de l’hôtel de l’aéroport de Montpellier, à deux pas du Parc des expositions où se déroule Millésime Bio.

J’ai eu hier une jeune journaliste au téléphone qui voulait savoir le comment du pourquoi et je me suis dit « autant l’expliquer ici »..
C’est la 3ème année que nous organisons ce Off, Iris Rutz-Rudel et moi, la 1ère année que je me retrouve presque seule, Iris prenant sa retraite des vignes (mais restant toujours à mes côtés pour les conseils, questions-réponses, oublis que je pourrais avoir).

Notre volonté première, qui est restée la même, est de mettre tout en commun : les frais, la nourriture, les carnets d’adresses.
L’entrée est gratuite pour nos visiteurs et nous les invitons à partager le grignotage du lundi soir avec nous. C’est l’occasion de discuter en prenant le temps.
La seconde est d’accepter des vignerons sans étiquette, des labellisés (bios, Demeter, biodivin), des natures, des en conversion .. mais qui travaillent tous dans le même sens.

Partant du constat que nous ne voulons pas être simplement dans des petites cases, des classements bien alignés et sages, que nous en avons assez des comparaisons entre vignerons, des « il fait mieux parce qu’il fait comme ci ou comme ça », nous voulons juste faire connaitre nos vins.
Notre pensée est que la seule valeur qui prévaut est de préserver, (faire revenir, aider) la vie de la terre, le travail des vignes, les raisins, le travail en cave et le vin. Pas autre chose. Et le minimum pour ça est d’être en conversion.

Je me suis entendue dire  » mais tous les vignerons ne sont pas en bio, ils ne sont pas répertoriés à l’Agence bio »! Ben non, ils n’y sont pas tous puisque certains sont labellisés ailleurs et d’autres pas du tout.. « ça fait du tort aux vignerons qui paient leur labellisation » : je ne le pense pas, nous la payons, tous les ans depuis 6 ans, parce que c’est notre choix..
Je me dis que ce n’est pas en séparant les blancs des jaunes qu’on peut faire une bonne omelette..
Quand les gens de la vigne autour de nous se posent des questions parce que nos vignes sont exemptes de maladies et pas les leurs, nous nous disons que c’est l’amorce de quelque chose. Pour nous, nos vignes ont appris ou réappris, en n’étant plus perfusées par des traitements irréfléchis et surtout stérilisants toute vie dans la terre, à se défendre, à lutter contre certaines maladies. Elles retrouvent un équilibre qui fait partie d’un tout.
Donc, certains ne sont pas labellisés, mais ils sont cooptés par 2 autres vignerons qui savent comment ils travaillent. La confiance, c’est parfois bien..

Une autre des conditions pour participer, et presque la plus importante : que les vins soient droits.
Que chacun travaille comme il l’entend, en faisant du mieux qu’il peut (dans les limites indiquées plus haut, le respect de la terre), mais que le résultat soit là.

 

de-chemins-en-pistes

Parce qu’au final, outre la façon, la philosophie, la volonté du vigneron, le plus important reste quand même le plaisir que chacun peut avoir en buvant nos vins !!

Ps : on me sussure dans l’oreillette qu’un Off pendant Vinisud, en février, est aussi dans les tuyaux.. Stay tuned !

De la sensualité d’une peau de raisin à notre #HarvestChallenge ..

Pour ces VdV #78, Sandrine, notre présidente du mois, nous a donné pour thème « la peau » celle du vigneron, celle du raisin, la fleur de peau, la peau de chagrin non, celle-là est totalement proscrite !! Bref la peau dans tout ses états..
Et je dois dire que ça tombe diantrement bien pour vous peaufiner un sujet « en peaux de p’tits oignons » : juste après les vendanges, encore pendant les vinifications, et juste après la naissance de notre petite toute neuve et dont la peau est d’une tendresse infinie.. !

Bien mieux que la peau de nos mains.. taillée par endroits par des coups d’épinettes, tâchée par les antocyanes de nos Syrah et Grenache pendant leur récolte, mais aussi adoucie par le jus des raisins lors du tri, des rebêches en cave..
Nos doigts ont gonflé, la peau tendue comme des boudins d’avoir autant travaillé, des cals se sont formés : c’est de l’intense cette période !
J’ai l’impression d’être sur deux planètes différentes, celle de la douceur extrême avec ma poupette et celle du travail des vendanges, plus brutal.. Même si parfois ça se recoupe/rejoint : prenez un grain de Cinsault dont la peau est charnue, craquante, tendue comme une peau de bébé : la douceur est la même.
Prenez son jus lorsque la peau craque quand vous l’égrappez et le triez : ce jus est un miracle de douceur pour les mains..
Souvent, je dis à mes petits vendangeurs : allez-y à deux mains, elles seront toutes douces après et vos copines seront contentes !! Un m’a répondu cette année : « j’ai pas de copine »..
Ok, l’année prochaine, pour la sélection de qui vient en cave, on aura un test de plus : en couple ou pas ? 🙂

mains au tri du cinsault

Bref, ce rapport charnel est un peu partout quand on est vigneronne, même simplement avec les yeux, lorsque toute l’année on observe, regarde grandir et espère..
Et l’hiver, lors de la taille, quel plaisir de caresser le pied d’un cep, de le débarrasser parfois de ses couches de vieilles peaux, écorces devenues inutiles car en trop..
Je retrouve dans ce geste simple le même bonheur que j’avais à caresser les vieux meubles récupérés de droite et de gauche et que je restaurais, les parties en bois des vieux fauteuils que je retapissais..
Le bois et son côté charnel, chaud et vibrant, tellement parlant aussi : poncer jusqu’à retrouver LA douceur de la peau, avoir envie de caresser encore et encore cette sculpture, ce meuble, ce futur totem (mon prochain gros boulot..) !
futur-totem
Quel rapport entre ce thème sur la peau et notre 2ème #HarvestChallenge  évoqué dans le titre me direz-vous ??
Plusieurs :  la douleur, les douleurs chroniques mettent les personnes « à fleur de peaux », à vif et sans défense, comme lorsque vous vous blessez et que vous ne supportez rien, y compris ce qui pourrait vous soigner..
Parce que ces douleurs chroniques sont peaux de vache, tellement !! Du jour au lendemain, votre corps se transforme et vous renvoie une image difforme, hors normes, hors société et parfois hors vie normale..
On vous conseille un massage, ce contact direct et doux sur la peau est tellement bon .. mais il se transforme en cauchemar, chaque pression, chaque passage de la main résonne d’une douleur incroyable.. La peau est un des vecteur de douleurs, une des portes d’entrée de ce nouveau monde. Et tout comme ce grain de raisin, vous ne souhaitez qu’une chose : vous échapper de cette peau de chagrin..

pressoir cartagene

Alors, durant cette journée du 4 octobre, nous comptons sur vous, vraiment, parce que seuls on ne peut pas grand-chose, à plusieurs on est si fort.. !

Dimanche prochain donc, vous pourrez avoir le plaisir de tâter du raisin, de venir ramasser avec nous nos toutes dernières grappes de Grenache blanc et de Roussanne, de prendre à pleines mains le gâteau pour faire la rebêche, là aussi, douceur des mains assurée !
Comme l’année dernière, chacun fait quelque chose à manger et on partage lors du repas. Rendez-vous à la cave 32 avenue de Clermont à 10h pour ceux qui veulent ramasser les raisins, à 12h30 ou 13h pour partager notre repas, nous fournissons les vins. En début d’après-midi si vous voulez juste participer à la vinification..
Vous pourrez ainsi faire avec nous notre Cartagène Parfum du Sud N°2 en échange d’un don à l’AFVD.
Les dons récoltés l’année dernière ont servis à former des bénévoles pour accueillir des personnes ayant des douleurs chroniques. Cette formation est indispensable pour réellement être à l’écoute et aider ces concrètement ces personnes. Il nous ont permis de participer à des colloques et de faire entendre nos voix de « patient-expert » auprès des médecins. Soyez-en infiniment remercié !
Mon idée de faire des ateliers et avoir un lieu est toujours très ancrée..

Nous comptons sur vous, vous pouvez vous inscrire par email sur le mien : byvero34@gmail.com, celui de Jean : jeanattard54@hotmail.com ou par téléphone au 06 74 14 88 91 ou celui de Jean 06 14 41 06 44.

Les maitres mots sont convivalité, rires et partage.. Et vive notre Cartagène N°2- Parfum du Sud !!

cartagene1 - copie

PS : un détail, mais pas des moindres, ce don est déductible des impôts..

#icebucketchallenge versus #harvestchallenge ?

Cela fait quelques jours, ou plutôt quelques semaines, que l’on voit passer sur les réseaux sociaux des vidéos de personnalités (Bill Gates, Mark Zuckerberg, Bill Clinton et beaucoup, beaucoup d’autres) se vidant (ou se faisant vider) un seau d’eau glacée sur eux. Dans quel but ? Récolter des fonds pour la recherche en ce qui concerne la maladie de Charcot et d’autres. S’étendant de pays en pays,  différentes associations en profitent. Des sommes faramineuses ont été récoltées, ce qui montre bien qu’à plusieurs, on est toujours tellement plus fort !!

Alors forcément, quand on est atteint d’une maladie chronique pour laquelle les recherches sont quasi-inexistantes par faute de moyen, tout comme ces maladies orphelines, on est heureux de cet engouement, de cette vague.
Pour ma part, il y a un moment que je réfléchis à comment faire pour aider mes semblables, ceux dont la vie est rendue si difficile par des douleurs chroniques.

J’ai mis au point nos « vendanges thérapeutiques«  qui devraient voir le jour cette année : faire venir des personnes atteintes pour vivre une journée/un moment de vendanges et surtout partager notre repas du midi.
Je sais trop le bien que peut faire une telle journée dans notre si bel endroit pour ne pas le partager..
J’ai pensé aussi à organiser un repas de chef(s) dans nos vignes, mais je ne connais pas assez de monde pour ça, pas de people dans mes cartes de visite et ça demande une énergie organisatrice que je n’ai pas forcément.. Les douleurs changent vos nuits, vos jours, votre fatigue et toute votre énergie..
Dans la tête, ça bouillonne, beaucoup, mais le physique me fait défaut.. Les idées fusent, mais la mise en application est toujours difficile.

Je me suis engagée dans l’association AFVD (Association Française Vaincre les Douleurs) qui est reconnue au plan national et européen. Une telle association pour les personnes douloureuses Capture d’écran 2014-08-27 à 14.23.19chroniques n’existait pas sur Montpellier.
Je serai donc leur porte-parole et surtout bénévole référent ici.
Ce qui veut dire quoi concrètement ? Que je ferai des permanences tout d’abord une fois par mois à la clinique Clémentville dont l’unité douleur me suit depuis 5 ans et à l’hôpital Lapeyronie, dans le service anti-douleur du Dr Ginies, qui se bat depuis nombre d’années pour que la douleur chronique soit reconnue comme une maladie à part entière, quelle que soit la cause de son apparition.
Permanence de soutien aux malades, pour les aider dans leur cheminement, leur tenir la main aussi tout simplement..

Mais à terme, devinant ce qui serait idéal, j’aimerai que cette antenne de l’association ait un endroit, une structure HORS milieu hospitalier, accueillante, où l’on puisse faire des ateliers.. Cuisine par exemple pour remettre les mains dans la farine, potager pour remettre les mains dans la terre, art pour avoir les couleurs pour interlocutrices..etc..
Une pièce aussi, où l’on puisse ne rien faire d’autre que se replier dans sa coquille, en toute quiétude..

Mais pour ça il faut des fonds, des sous sous, du pèze, de l’oseille…
et je n’ai que des raisins !!

Vous me direz qu’il existe déjà beaucoup d’associations.. Je vous répondrais oui, mais sectorisées par maladie, chacune essayant de tirer la couverture à soi.
J’ai eu un jour à tenter de convaincre des médecins généralistes sur le bien-fondé de la création une maison spécifique pour les personnes ayant des douleurs chroniques, il m’a été répondu « qu’il y avait déjà suffisamment d’associations pouvant faire mon bonheur ! » J’ai rétorqué qu’effectivement, en ayant eu un cancer, j’aurais pu m’inscrire à l’association correspondante ; puis, ayant eu une douleur chronique, je pouvais m’inscrire à une association de douloureux chroniques (ce que j’ai choisi) et qu’ensuite, étant maintenant fibromyalgique, je pouvais aussi m’inscrire à l’association des fibromyalgiques..
Mais au final, ce que je leur ai fait comprendre, c’est que l’on ne peut se retrouver, reprendre de nouvelles bases, que si l’on se sent une et entière, pas des petits bouts dispatchés dans différents associations..
Et l’AFVD est idéale pour ça puisqu’elle concerne des gens ayant des douleurs chroniques, sans recherche de la cause, c’est-à-dire des personnes ayant des maladies différentes mais dont la résultante est la même pour tous : devoir apprendre à vivre avec des douleurs jours et nuits..

Vous me voyez venir avec mes gros sabots ?

pixiz_525be42ad87c8En tant que vigneronne, je ne peux m’empêcher de penser à un « harvestchallenge » auquel chaque vigneron de France pourrait participer et faire participer ses amis.
Vous qui aimez le vin, les vignes, les vignerons ; vous les blogueurs, les cavistes, les restaurateurs ; vous qui habitez pas loin d’un vigneron participez à ce #harvestchallenge : allez couper quelques grappes, participer à une journée de vendanges en échange d’un don pour l’AFDV !!
Et vous mes amis vignerons, je suis sure que vous serez partants pour accueillir pour une journée ces bonnes volontés dans votre vigne !!

Repas tiré du sac, esprit convivial et bonne humeur suffisent pour l’organiser.. et l’adresse de l’association où envoyer vos dons :

                             AFVD – La Tillerolle – 79200 Pompaire

Et la « routourne tourne »..

Titre emprunté à un footballeur qui a fait rire (ou se désoler) tant de personnes ,  lui qui espérait que la « routourne va vite tourner » !!

20140729_151834Nous allons arriver à notre 5ème campagne, nos 5èmes vendanges.. Incroyable comme ça file vite ! Cette semaine a été l’occasion pour nous de nous en rendre un peu plus compte en recevant au domaine des amoureux de la région et de ses vins et qui se posent beaucoup de questions quant à créer, eux aussi, un petit domaine..

Et nous voilà repartis 5 ans en arrière, quand nous aussi nous allions à la rencontre de vignerons. Etrange de se remémorer tant de chemin parcouru, en si peu de temps (dans notre tête !) et d’être à la place de ceux à qui nous posions tant de questions..
Etrange et réconfortant de pouvoir, à notre tour, leur dire « posez toutes les questions que vous voulez, il vaut mieux les poser avant qu’après.. » ! Même si, nous le savons bien maintenant, les questions sont comme un puits sans fond..

Nous nous sommes rappelés comme l’accueil attentionné de ces vignerons, pour lesquels nous n’étions rien (certains n’avaient même pas de parcelles à vendre), nous avait étonné et agréablement surpris. Mais, en changeant de rôle, nous savons maintenant que c’est innérant à ce métier, le partage n’est pas un vain mot, tout simplement.

Ce métier a tellement de facettes, une vraie part de rêve aussi, qu’il nous appartient de le montrer tel qu’il est, avec ses bonheurs et ses réalités parfois dures, sans faux semblant. Ne pas en faire une chimère, mais une possibilité de plaisir, d’accomplissement, y compris dans ses difficultés.
Parce que, au final, ces difficultés ne font que plus réaliser à quel point la liberté qu’il donne n’a d’égale que le travail effectué..
Je m’explique : pour être vigneron(ne), il faut avant tout penser « global », c’est à dire travail des vignes, de la cave, la paperasse et surtout, surtout, la commercialisation. Si ce dernier point n’est pas pris en compte, l’aventure ne durera pas..
20140729_153747 Comme dans tout métier, vendre permet d’investir, d’avancer, de faire des choix. Ce n’est pas si évident que ça en à l’air..
Pas parce que c’est difficile, non, même si ça prend beaucoup d’énergie et de temps, mais surtout parce que dans les vignes, on est diablement bien ! Parce que les vignes vous transportent dans un monde parallèle où le temps n’est plus le même, où vous êtes vous face à… vous.
Cette notion là est difficile à expliquer et à appréhender, la vigne a tellement de côtés positifs ! Mais elle est aussi un vecteur de désocialisation. Vous lui donnez toute votre énergie, du coup il en reste peu pour les soirées, les amis, la famille aussi parfois !

Il est important de lever le nez des souches et regarder l’horizon, allez à la rencontre des gens, les inciter à venir au domaine aussi. Ce qui se fait, pour notre part, avec un réel bonheur !

Leur dernière question a été  » Alors vous ne nous dites pas non ??  »
Ben non, on ne dit pas non, une fois que l’on prend la mesure des risques financiers (comment faire une petite fortune dans le vin ? ————–> avec une grande fortune !), la mesure de sa motivation, la mesure aussi de l’équilibre entre le plaisir et les em..dements, on ne peut que dire oui, allez-y, foncez !!
Mais pas tête baissée… !
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Vendredi du Vin #51, le theme ? Les vins du dernier festin.. !

C’est Olivier Lebaron du blog Showviniste qui officie comme président de ce mois avec ce thème  : « faire partager le vin du dernier festin. Quel serait l’ultime vin à retenir ? Avant un dernier souffle, quelle serait votre dernière gorgée ? Aurez-vous le vin gai ou le vin triste ? Serez-vous seul ou accompagné ? Et si cette fin vous effraie, passez donc à l’étape d’après et imaginez le vin de vos funérailles, qu’aimeriez-vous laisser dans votre cave pour arroser vos amis ? » 

Un drôle de thème me direz-vous, drôle dans le sens de bizarre bien sûr.. surtout dans une société où parler de la mort est plutôt tabou.. Un sujet très « introvertissant »*  aussi, c’est peut-être son côté le plus impressionnant. Habituellement,  j’ai le vin gai, mais imaginer sa propre mort, c’est surtout imaginer les gens que l’on aime dans la tristesse et c’est pour moi la partie la plus difficile, j’aime tellement rendre les gens heureux !

Sinon, perso, ma mobanquetrt ? Même pas peur ! Pour avoir été dans des endroits de la vie que peu de gens connaissent, je n’ai plus peur de grand-chose. Sincèrement.
La mort fait partie de la vie, pleinement.. Enfin c’est ce que je pense et ceci n’engage que moi bien sûr.. Plutôt que de jouer les thanatonautes (cf Bernard Werber), j’ai donc pris le parti de vous parler de l’ambiance que je souhaiterai pour le jour de nos adieux et là, je reprends en main une bande dessinée d’Astérix et ses célèbres banquets. En plus, nous sommes chanceux, pour les sangliers, nous avons ce qu’il faut dans nos vignes !!

Comme choisir un vin qui aille avec tous ces sentiments mêlés n’est pas chose aisée, je vais prendre un autre chemin..
Tout comme l’autre soirIMG_2030, pour le dernier soir du salon de Plappeville, je voudrais que chacun amène sa bouteille préférée, que les bouteilles passent d’un bout à l’autre de la table au milieu des rires et des bavardages, que la tristesse s’en aille pour que la joie du partage et des retrouvailles prenne toute la place 🙂

* Parfois, les mots existants ne me suffisent pas, j’ai donc quelques mots a moi..

Nos cuvées

La coulée douce

Rosé de cinsault et grenache

La note du dégustateur :

Rose pâle, aux reflets délicatement violines. Le nez est élégant,   laissant s’épanouir des notes douces de framboises, groseilles, cerises et pêches de vigne. La bouche allie rondeur à l’attaque et équilibre sur la fraîcheur. Vin d’harmonie et de partage pour les instants de détente. Il vous accompagnera a l’apéritif, comme pendant un repas.. Charcuteries, plats exotiques épicés, viandes blanches, barbecues..

 

Atout Pic

 ouvre notre gamme de vins rouges.. composé de syrah et   cinsault

La note du dégustateur :

Jolie robe, brillante. Ce vin est d’humeur joyeuse, avec une belle
expression aromatique fruitée. On y retrouve aussi le tempérament
du terroir si particulier des schistes de Cabrières, avec une bouche charnue, ample et généreuse. Un vin pour éveiller les sens (et plus si affinités). Vin de plaisir a partager entre amis..

 

Bouteilles a la mer

Notre deuxieme vin rouge, plus complexe que Atout pic, avec cinsalt, syrah, grenache de l’année et un peu de syrah vieillie un an en barrique.

La note du dégustateur :

La robe est colorée, brillante et d’un beau rubis. Nez intense, de confiture de fruits noirs (cassis, cerise), laissant s’épanouir à l’aération des notes de garrigue, de cade, de cacao et de moka. Cette belle expression s’allie à un généreux volume en bouche et des tanins onctueux. A partager sur une côte de boeuf grillée aux sarments de vigne.

 

Pic de Vissou

Notre haut de gamme, conposé de syrah et grenache élevés (1 an e 18 mois) en barriques, auxquels s’ajoute une pincée de syrah et grenache « fraiche ».

La note du dégustateur :

Sa robe est noire, profonde. Le nez est intense et puissant, exprimant
d’abord de belles notes épicées, réglissées, puis plus minérales, de pain grillé, de café et de confiture de cerise. En écho au majestueux Pic éponyme, ce vin impose sa stature et sa force en bouche, droite et imperturbable, et aux tanins parfaitement texturés. Ce vin doit être bu avec le plus grand respect et peut être servi sur des aiguillettes de canard au poivre vert, un carré d’agneau de pré-salé, un coeur de Neufchatel.