Nous, notre marronnier, il est dans les vignes !

Un sujet « marronnier », en jargon journalistique, c’est un sujet récurrent, qui ressort chaque année à la même période.. Dans peu de temps, vous allez voir fleurir les régimes minceurs avant la plage.. Nous, ce sont nos vignes qui vont fleurir ! Et donc, notre sujet marronnier du moment, c’est l’ébourgeonnage..

20140424_142703Nous y sommes en plein.. Ebourgeonnage du plantier fini en 3 jours ! Je bats20140502_152203 mes propres records.. Et encore, je pense que le matériel pourrait être amélioré. Du coup, je vais tester un nouveau « truc » auquel j’ai pensé hier, après m’être retourné un ongle de pouce de moitié.
Quand on se fait mal, ça fait réfléchir et du coup, je me suis rappelée d’un truc de guitariste que j’avais vu dans une vidéo. Direction le magasin d’instruments de musique à côté de la maison et hop ! Je teste demain et vous dis..

Petit chariot a repris sa place auprès de moi, tel un fidèle aide. Il m’évite le mal au dos, aux genous, bref il m’est 20130529_154650devenu indispensable !
Il a été révisé, revisité pour le rendre encore plus pratique et solide. Une merveille..
Pour nous, vient le temps aussi de l’angoisse qui pointe son nez avec le vent.. Les fils qui maintiennent les vignes sont maintenant baissés et nous attendons la bonne longueur des jeunes pousses pour les relever. Mais le vent n’est pas notre allié, l’année dernière nous avions eu beaucoup de casse, ce qui signifie des raisins en moins..
Et puis, quand vous arrivez dans les vignes et voyez toutes ces belles branches par terre, ça fait très mal.. Je pense que ceux qui ont des aléas climatiques comme la grèle ou le gel peuvent comprendre.. Ici, c’est le vent notre ennemi. Pour le moment !

Car il est aussi notre allié. Lorsque les branches sont assez hautes pour être mises à l’abri des fils, le vent permet de sécher directement les vignes après la pluie. Du coup, les maladies sont plus facilement contenues..

20140501_123316Pendant que j’avance dans l’ébourgeonnage et avant de le faire avec moi, Jean pioche pour déraciner les plus grosses touffes d’herbes et autres liserons qui s’enroulent autour des pieds ou leur font une concurrence directe. Il prend aussi soin des petits plants replantés en avril pour remplacer les quelques morts du plantier, comme Jean de Florette, en version plus moderne..

Enfin, lui me dit qu’il pense plus au Senhor Oliveira Da Figueira, ce personnage de Tintin qui arrive à vendre une cage, des skis et un vrai bric-à-brac à ce dernier alors qu’il est sur un bateau..
Il a fière allure, non ? Lui me dit qu’il ne ressemble à rien sur cette photo, mais j’avoue qu’elle m’amuse beaucoup.. et lui aussi en fait – dans le style « jamais je pensais qu’un jour je ferai ça ! »

Bref, multi-facettes et multi-activités que ce métier, qui nous fait chercher toujours la dernière débrouillardise pour nous faciliter la vie sans vider le porte-monnaie..

Et en attendant, les fleurs ne vont pas tarder à s’ouvrir.. La saison a décidément vraiment commencé et tout va vite, comme chaque année !

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La vie du vin

Drôle de titre pour un article me direz-vous.. Mais non, je l’ai encore constaté hier soir et tous ceux qui connaissent un tant soit peu le vin vous le diront, il a sa vie propre, son caractere..

Lorsque nous vendangeons, nous faisons beaucoup de tri dans la vigne, la consigne étant « tu regardes le raisin, si tu as envie de le manger tu le prends, sinon, tu le laisses ». Beaucoup de tri ensuite en cave a l’égrappage, mais j’aurais l’occasion de vous en reparler. Cette digression juste pour vous dire que bien avant que le vin ne soit vin, on en prend soin, on le bichonne, comme un enfant..

Hier soir donc, j’avais invité des amies a partager un moment autour de nos vins.. Leurs présenter nos nouvelles cuvées et grignoter un bout tout en papotant. Jusque la, et depuis leur mise en bouteille, ils étaient ouverts, gais, gourmands, présentant leurs fruits sous leur meilleur jour a chaque fois.. Qui des fleurs des vignes au nez, des pêches de vignes en bouche, qui des cerises bien mûres et croquantes, du cassis avec une finale épicée et mentholée.. Plein les narines et plein la bouche..

Et la non.. Fermés, circulez, nous ne sommes qu’a 20 % de nos possibilités, et hop prends ça dans les dents Véro !!
Evidemment, je ne m’y attendais pas, je les avais chouchoutés, ouverts une heure avant, ce qui, normalement, leur suffit.. Et la.. panne de réflexe, panne de plan B.. J’aurais du les carafer, en douceur, les laisser prendre leurs aises dans la carafe, s’épanouir tranquilles, mais ça ne m’a pas effleuré l’esprit !

Car les vins sont vivants oui ! La pression atmosphérique était différente hier soir des autres fois.. Le vin est comme nous, sensible aux choses extérieures et cela ne dépend pas de leur volonté.. J’ai expliqué ça a mes amies, avec mes mots, les sentiments qui me traversaient a ce moment-la. L’une d’entre elle m’a alors dit « on dirait que tu parles d’enfants Véro ! ».. Je n’y avais pas prêté attention, mais c’est vous dire tout l’affectif qui passe dans nos vins, sans artifice, juste « pour de vrai » comme disent les enfants.

Donc, si un jour vous goûtez un vin conseillé par quelqu’un qui vous dit « il est superbe ! » (outre le fait que les goûts en matiere de vin different beaucoup d’une personne a l’autre) et que ce vin vous le trouvez quelconque, laissez lui sa chance… Parfois un vin peut mettre 3 jours a s’ouvrir (sans carafage), mais ça vaut souvent la peine.. Pourquoi ??
Parce que derriere, il y a un travail monstrueux, un amour fort et une passion toute aussi forte et ça, pensez-y avant de vider une bouteille dans l’évier !!*

* je parle principalement de vins qui, comme les livres, sont des vins d’auteurs..