Full sentimental..

La semaine dernière, nous avons arraché pour la première fois une parcelle. Avec tristesse et à regret. Un vieux Cinsault fatigué et tellement peu productif .
Mais une vigne quand même..

Nous l’avons acheté il y a un an et demi, vous me direz que c’est peu pour s’attacher à une parcelle..Ben non en fait. Parce que les souches nous les travaillons une à une, et, de souche en rangées, c’est toute la parcelle que nous bichonnons. Que nous adoptons avec la vue qu’elle nous donne, ce nouveau regard sur les autres.

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Nous lui avons fait une analyse de terre, apporté ce qu’il faut pour la rééquilibrer. Tout en sachant, évidemment, que ça ne se fait pas en 1 ou 2 ans..
Je lui ai fait une taille reposante l’hiver dernier, histoire de ne pas tirer trop sur les quelques forces qui lui restaient.

Il était amusant, nous faisant croire à une belle production lorsqu’on le longeait de la route ! Pareil sur tout son pourtour : une jolie petite production, pas exhubérante, mais bien présente.
Mais ça, c’était pour l’image, pour la photo.. Au fur et à mesure que nous entrions au milieu et au fond de la parcelle, plus aucun raisin. Rien, keud’, nada..
Des pieds morts ou moribonds à coeur fendre.

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Nous avons donc pris la décision de l’arracher, en se disant que nous avions essayé de le sauver. J’y ai cru, au vu d’autres parcelles qu’on nous avait conseillé d’arracher mais que nous avons choisi de garder. Bon an mal an, leur production augmente petitement. Comme nous sommes de toutes façons sur des rendements faibles, elles nous vont bien, au vu de leur grand âge : dans les 65 ans.

Celle-ci n’était pas si vieille, pas encore 50 ans..
Bref, Jean est allé assister à son arrachage, me disant : « c’est un peu comme aller à un enterrement ». Toutes proportions gardées bien sûr.
Voir les souches voler derrière le tracteur comme de vulgaires fêtus de paille, je n’ai pas pu.

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Alors oui, certains me diront que ce n’est qu’un outil de travail, que son rendement était dérisoire et contre-productif, certes.
D’autres me diront qu’il y a pire, certes aussi.
Évidemment je sais ça, nous savons ça.
Mais voilà, notre attachement à ce domaine que nous avons créé, fait grandir, amélioré est tel que ce genre de décision est prise à reculons et pas facile à réaliser.

Parce qu’on se dit toujours qu’on aurait peut-être pu le sauver, par respect pour ce qu’il a donné avant. Par amour de cette plante.

La terre de cette parcelle va se reposer, s’enrichir avec les plantes que nous sèmerons dans l’attente de recevoir une nouvelle vigne un jour..

Mais bon, là, tout de suite, je suis en mode Full Sentimental !

Le lièvre et la tortue..

Fable que vous connaissez tous : cette année, nos vignes ont été une fois tortue puis lièvre, nous obligeant à puiser dans nos réserves, à chercher notre 2ème souffle..
Un peu de répit pour vous tenir au courant de nos vendanges qui ont commencé lundi 5 septembre et se sont finies mardi 13, soit très exactement… 7 jours !!

De l’intense, du dense, de l’épuisant, du beau, du rare et du qualitatif..

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Du jamais vu, de notre courte mémoire de vignerons, ce ne sont que nos 7èmes vendanges, mais aussi semble-t-il de mémoire plus longue d’amis vignerons.

Une drôle d’année, pendant laquelle les vignes ont joué à la tortue pour finir en lièvre, nous laissant épuisés, mais, malgré tout, heureux !
Tortue parce que les maturités ont tardé à venir, entre un printemps très pluvieux et un été d’une sécheresse, chaleur et longueur impressionnantes.
Lièvre parce qu’ensuite tout a mûri en même temps, nous obligeant à jongler entre les jours de vendanges et les jours de repos… vendanges !!

Nous venons de passer 7 jours de folie, nous levant à 4h30 pour être sur le « pont de notre bateau » à la fraiche, choisissant la veille pour le lendemain les parcelles à ramasser. Je n’ai jamais autant croquer de raisins pour me rendre compte des maturités.
Et je n’ai jamais eu autant de goûts de noisette, de fruits secs, en croquant les pépins.. !20160906_085317

Heureusement, nous avons eu une équipe de folie, des jeunes bosseurs avec qui nous avons pu ramasser 2 parcelles certains jours. Des warriors de l’épinette, de l’égrappoir et du tri 🙂
(NB : bien préciser aux vendangeurs qu’ils ne sont pas là pour aider (!) -dixit une qui nous a lâché en route..- mais pour travailler.)

Notre fidèle Kreyer a bossé au même rythme pour refroidir les jus de raisins ramassés par 36° parfois ! Il a fallu tenir le choc en cave aussi, avec toutes les cuves pleines en même temps, les délestages, remontages, débourbages et pigeages nécessaires pour donner le meilleur de notre récolte.

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Notre Syrah du haut

Heureusement, Jean était aussi en mode warrior, guerrier de la pompe et des manches, des drapeaux, des raisins, des rafles et …tout et tout !

Et au milieu de toute cette précipitation, rapidité et mûrissement à donf’, Monsieur Cinsault, lui, a pris son temps, bloquant sa maturité un moment, nous laissant un peu de marge pour le ramasser en dernier.. juste avant les pluies orageuses prévues et qu’il aurait difficilement pu supporter avec sa peau fragile, sa nudité (même plus de feuilles de vigne !).

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Notre Cinsault du bas

En terme de récolte, avec cette sécheresse, c’est presque 30% de moins, selon les cépages, comme chez beaucoup cette année..
Mais une belle qualité de raisins : sains, petits mais costauds, leurs jus sont concentrés sans extraction forte, joliment goûteux et prometteurs.

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Le juteux Cinsault
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Les beaux blancs

La pouponnière est pleine, à nous de bien faire grandir tous les petits, avec des surprises à venir.. !

 

Appelez-moi Chef !

Aujourd’hui est un grand jour jour important : j’ai reçu 2 lettres, de la même personne, à la même date, dans 2 enveloppes séparées.. Volonté de théatraliser un moment important ? J’en doute, mais tout compte fait, ce n’est pas très important.. L’important est dans les courriers..

Le premier est pour me signaler ma radiation de la MSA en tant que « Cotisant solidaire », ce que j’étais jusqu’à présent, c’est-à-dire que je cotisais sans avoir droit à rien..
La deuxième est pour m’informer que je suis maintenant inscrite à cette même MSA en qualité de « Chef d’exploitation » : pfffff, ça vous pose une vigneronne !!
Mine de rien, je vais enfin cotiser à une caisse de retraite.. À l’âge où d’autres pensent à prendre la leur, c’est pas rien..

Pourquoi ce changement ? Parce que nous venons d’acheter deux parcelles de plus, amenant notre désormais (beaucoup moins petit) domaine à 5,10 hectares.
Il y a des occasions qui ne se ratent pas.. Nous sommes maintenant au plein de notre capacité de travail et de la capacité de place en cave.
Ces deux parcelles sont un Grenache et un Cinsault, de quoi faire un peu plus de rosé peut-être dans le futur..

Nous n’avons pas encore décidé vraiment de leur affectation 1ère. Elles ne seront pas en bio dans l’immédiat et devrons être vinifiées séparément. Nous déciderons donc aux prochaines vendanges ou un peu avant..Grenache et Cinsault Mas Coris
Donc voilà, changement de statut, mais seulement ça, on ne va pas changer pour autant notre joie de vous faire découvrir nos vins, nos vignes et de partager notre bonheur !

C’est l’occasion de se retourner un peu sur ces 6 années (déjà !).. Je pensais l’autre jour à nos débuts timides, quand les pros du vin commençaient à s’intéresser à ce que nous faisions et venaient nous voir, alors que nous n’avions pas encore de vin à vendre !! La faute à mon enthousiasme de vouloir partager nos aventures et découvertes au travers du profil et de la page facebook que j’avais créé à cette intention.. Sans jamais penser que cela intéresserait les revendeurs.
Je pensais aussi à ces gens qui disaient : « ils font ça pour s’amuser » sans prendre au sérieux notre projet d’entreprendre à presque 50 et plus de 50 ans. Ils se trompaient tellement.. L’enthousiasme, la volonté d’entreprendre ne nous ont pas quitté et la passion est arrivée, forte, vivante, heureuse !

Nous continuons toujours d’apprendre, ce qui nous ravit et nous nous posons toujours autant de questions, même si nous avons pris de la bouteille..

Comme le dit si bien une amie  » Avec les vignes, Jean et Véro, ils ont acheté du travail « ..
Notez que ce n’est pas qu’on en avait pas avant hein ! Mais là c’est de l’intensif, du 200%, du y a toujours quelque chose à faire, plus que ce que l’on a pu connaitre avant..

Donc, comme on ne change pas et pour continuer sur notre lancée, je vous propose de noter mon prochain rendez-vous avec vous à Paris, plus exactement à Boulogne.. Une belle façon de réunir 2 de nos passions : la mer et le vin.
Je vous invite donc cordialement à venir découvrir nos bouteilles et mes amis : Jean-Philippe du magasin Boulogne Plongée et Claire, agent de voyage spécialisée en voyage-plongée dans l’agence Eurowins. À nous 3, vous aurez le voyage, le matériel qui va bien et… de quoi fêter le tout !

Bouteilles et bouteilles

 

Voilàààà, c’est finiiii.. sur un air connu de Téléphone et en images..

Et oui, nous avons été pris de court, bousculés, aspirés par nos vendanges cette année !! Finies en 2 semaines, record battu !! D’où mon peu de communication de ce côté…

Et comme je ne vais pas chaque année vous faire le coup du « on a vendangé ci, puis ça, puis ça », ni celui du « Oh que c’est bien de retrouver le calme de la cave ! », je vous propose nos vendanges en images.. (pour la musique, je vous laisse la fredonner ! )..
En deux parties puisque nous avons eu la chance d’avoir deux photographes cette année..

Juste avant, je vous dirai juste que, malheureusement, à cause de la rapidité de nos vendanges, nous n’avons pu faire les « Vendanges thérapeutiques ».. Mais l’idée est dans les starting-blocks et nous affinerons le comment du pourquoi pour pouvoir les mettre en place in situ l’année prochaine ! Je remercie ici la directrice de la clinique Clémenville pour son écoute et son enthousiasme, de même que l’équipe qui l’entoure.

Vendanges en images, partie une : les photos de notre amie Laurence, que vous pouvez retrouver ici et quelques-unes, les moins bonnes, de moi !

Le petit matin et les découvertes dans la vigne ..

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Les toutes premières grappes de grenache ramassées pour faire notre rosé, avec toujours notre fidèle Kayette..

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Les toutes premières grappes de notre tout premier b(l)anc d’essai ..

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Nos bêbêtes de l’année..

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Le jus sotant du pressoir pour notre rosé et le tri drastique au chai pour nos rouges..

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Et bien sûr, la star de nos vendanges… le raisin !!

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Nos cuvées

La coulée douce

Rosé de cinsault et grenache

La note du dégustateur :

Rose pâle, aux reflets délicatement violines. Le nez est élégant,   laissant s’épanouir des notes douces de framboises, groseilles, cerises et pêches de vigne. La bouche allie rondeur à l’attaque et équilibre sur la fraîcheur. Vin d’harmonie et de partage pour les instants de détente. Il vous accompagnera a l’apéritif, comme pendant un repas.. Charcuteries, plats exotiques épicés, viandes blanches, barbecues..

 

Atout Pic

 ouvre notre gamme de vins rouges.. composé de syrah et   cinsault

La note du dégustateur :

Jolie robe, brillante. Ce vin est d’humeur joyeuse, avec une belle
expression aromatique fruitée. On y retrouve aussi le tempérament
du terroir si particulier des schistes de Cabrières, avec une bouche charnue, ample et généreuse. Un vin pour éveiller les sens (et plus si affinités). Vin de plaisir a partager entre amis..

 

Bouteilles a la mer

Notre deuxieme vin rouge, plus complexe que Atout pic, avec cinsalt, syrah, grenache de l’année et un peu de syrah vieillie un an en barrique.

La note du dégustateur :

La robe est colorée, brillante et d’un beau rubis. Nez intense, de confiture de fruits noirs (cassis, cerise), laissant s’épanouir à l’aération des notes de garrigue, de cade, de cacao et de moka. Cette belle expression s’allie à un généreux volume en bouche et des tanins onctueux. A partager sur une côte de boeuf grillée aux sarments de vigne.

 

Pic de Vissou

Notre haut de gamme, conposé de syrah et grenache élevés (1 an e 18 mois) en barriques, auxquels s’ajoute une pincée de syrah et grenache « fraiche ».

La note du dégustateur :

Sa robe est noire, profonde. Le nez est intense et puissant, exprimant
d’abord de belles notes épicées, réglissées, puis plus minérales, de pain grillé, de café et de confiture de cerise. En écho au majestueux Pic éponyme, ce vin impose sa stature et sa force en bouche, droite et imperturbable, et aux tanins parfaitement texturés. Ce vin doit être bu avec le plus grand respect et peut être servi sur des aiguillettes de canard au poivre vert, un carré d’agneau de pré-salé, un coeur de Neufchatel.