De la sensualité d’une peau de raisin à notre #HarvestChallenge ..

Pour ces VdV #78, Sandrine, notre présidente du mois, nous a donné pour thème « la peau » celle du vigneron, celle du raisin, la fleur de peau, la peau de chagrin non, celle-là est totalement proscrite !! Bref la peau dans tout ses états..
Et je dois dire que ça tombe diantrement bien pour vous peaufiner un sujet « en peaux de p’tits oignons » : juste après les vendanges, encore pendant les vinifications, et juste après la naissance de notre petite toute neuve et dont la peau est d’une tendresse infinie.. !

Bien mieux que la peau de nos mains.. taillée par endroits par des coups d’épinettes, tâchée par les antocyanes de nos Syrah et Grenache pendant leur récolte, mais aussi adoucie par le jus des raisins lors du tri, des rebêches en cave..
Nos doigts ont gonflé, la peau tendue comme des boudins d’avoir autant travaillé, des cals se sont formés : c’est de l’intense cette période !
J’ai l’impression d’être sur deux planètes différentes, celle de la douceur extrême avec ma poupette et celle du travail des vendanges, plus brutal.. Même si parfois ça se recoupe/rejoint : prenez un grain de Cinsault dont la peau est charnue, craquante, tendue comme une peau de bébé : la douceur est la même.
Prenez son jus lorsque la peau craque quand vous l’égrappez et le triez : ce jus est un miracle de douceur pour les mains..
Souvent, je dis à mes petits vendangeurs : allez-y à deux mains, elles seront toutes douces après et vos copines seront contentes !! Un m’a répondu cette année : « j’ai pas de copine »..
Ok, l’année prochaine, pour la sélection de qui vient en cave, on aura un test de plus : en couple ou pas ? 🙂

mains au tri du cinsault

Bref, ce rapport charnel est un peu partout quand on est vigneronne, même simplement avec les yeux, lorsque toute l’année on observe, regarde grandir et espère..
Et l’hiver, lors de la taille, quel plaisir de caresser le pied d’un cep, de le débarrasser parfois de ses couches de vieilles peaux, écorces devenues inutiles car en trop..
Je retrouve dans ce geste simple le même bonheur que j’avais à caresser les vieux meubles récupérés de droite et de gauche et que je restaurais, les parties en bois des vieux fauteuils que je retapissais..
Le bois et son côté charnel, chaud et vibrant, tellement parlant aussi : poncer jusqu’à retrouver LA douceur de la peau, avoir envie de caresser encore et encore cette sculpture, ce meuble, ce futur totem (mon prochain gros boulot..) !
futur-totem
Quel rapport entre ce thème sur la peau et notre 2ème #HarvestChallenge  évoqué dans le titre me direz-vous ??
Plusieurs :  la douleur, les douleurs chroniques mettent les personnes « à fleur de peaux », à vif et sans défense, comme lorsque vous vous blessez et que vous ne supportez rien, y compris ce qui pourrait vous soigner..
Parce que ces douleurs chroniques sont peaux de vache, tellement !! Du jour au lendemain, votre corps se transforme et vous renvoie une image difforme, hors normes, hors société et parfois hors vie normale..
On vous conseille un massage, ce contact direct et doux sur la peau est tellement bon .. mais il se transforme en cauchemar, chaque pression, chaque passage de la main résonne d’une douleur incroyable.. La peau est un des vecteur de douleurs, une des portes d’entrée de ce nouveau monde. Et tout comme ce grain de raisin, vous ne souhaitez qu’une chose : vous échapper de cette peau de chagrin..

pressoir cartagene

Alors, durant cette journée du 4 octobre, nous comptons sur vous, vraiment, parce que seuls on ne peut pas grand-chose, à plusieurs on est si fort.. !

Dimanche prochain donc, vous pourrez avoir le plaisir de tâter du raisin, de venir ramasser avec nous nos toutes dernières grappes de Grenache blanc et de Roussanne, de prendre à pleines mains le gâteau pour faire la rebêche, là aussi, douceur des mains assurée !
Comme l’année dernière, chacun fait quelque chose à manger et on partage lors du repas. Rendez-vous à la cave 32 avenue de Clermont à 10h pour ceux qui veulent ramasser les raisins, à 12h30 ou 13h pour partager notre repas, nous fournissons les vins. En début d’après-midi si vous voulez juste participer à la vinification..
Vous pourrez ainsi faire avec nous notre Cartagène Parfum du Sud N°2 en échange d’un don à l’AFVD.
Les dons récoltés l’année dernière ont servis à former des bénévoles pour accueillir des personnes ayant des douleurs chroniques. Cette formation est indispensable pour réellement être à l’écoute et aider ces concrètement ces personnes. Il nous ont permis de participer à des colloques et de faire entendre nos voix de « patient-expert » auprès des médecins. Soyez-en infiniment remercié !
Mon idée de faire des ateliers et avoir un lieu est toujours très ancrée..

Nous comptons sur vous, vous pouvez vous inscrire par email sur le mien : byvero34@gmail.com, celui de Jean : jeanattard54@hotmail.com ou par téléphone au 06 74 14 88 91 ou celui de Jean 06 14 41 06 44.

Les maitres mots sont convivalité, rires et partage.. Et vive notre Cartagène N°2- Parfum du Sud !!

cartagene1 - copie

PS : un détail, mais pas des moindres, ce don est déductible des impôts..

Messieurs du gourvernement, messieurs les bureaucrates, messieurs de l’europe, vous n’êtes ni plus ni moins que nos salariés..

Lettre ouverte aux gens insensés sensés nous gouverner et qui disent tout faire pour venir en aide aux petits vignerons/agriculteurs.. Je n’ai pas de mot pour dire ce que je pense de ce que vous faites, pas de mot pour vous prouver votre manque de bon sens, pas de mot pour vous dire que votre illogisme et votre vision des choses nous amènent droit là où personne ne veut aller..

Il y a quelques temps, j’écrivais que nous n’avions pas droit aux aides de l’europe car nous étions une trop petite entité.. à (re)lire ici. Incompréhension totale, questionnements du pourquoi et de la logique étaient alors dans mes pensées.

Ce matin, à la recherche d’infos diverses et variées, je suis allée à une réunion organisée par le syndicat des Pays d’oc, qui promeut les vins en IGP (Indication Géographique Protégée), réunion portant sur les aides européennes en général, puis plus particulièrement à l’export..
Nous n’avons pas de vins en Pays d’Oc, mais je ne savais où les trouver les renseignements par ailleurs. Une mine d’infos cette réunion, j’en profite d’ailleurs pour dire à mes confrères et consoeurs qu’ils ont là un outil à la pointe, performant et avec des aides financières hors du commun !

Bref, la première partie de la matinée était consacrée à un état des lieux (en quelque sorte) des aides OCM (aides européennes donc).. Et, dès la présentation des intervenants par la directrice, j’apprenais que les aides européennes, parce qu’elles n’avaient pas été consommées, devaient être rendues.. Vous avez bien lu !!!

Soit les personnes y ayant droit n’ont pas eu l’info (donc défaut de communication des organismes), soit… je me perds en conjectures..
Une question me vient à l’esprit : pourquoi alors ne pas avoir ouvert cette aide aux petits comme nous ??? Pourquoi préférer laisser partir cette aide dans d’autres pays d’europe, qui sont, de fait, nos concurrents directs ??

Lorsque nous avions obtenu cette aide en 2010, elle était passée de 40 à 30% parce qu’il y avait beaucoup de demandes, et là, on nous dit qu’il n’y en pas eu assez, alors qu’elle était interdite aux petits producteurs.. cherchez l’erreur !!

DSCF3882Je n’ai pas une mentalité d’assistée, ni Jean d’ailleurs, ceux qui nous connaissent bien pourront vous le certifier, mais, pour avancer dans nos projets, cette aide aurait été plus que bienvenue.. Nous aurions pu faire plus de travaux et aménager encore mieux le chai pour recevoir nos clients, mettre au point notre envie de compléter notre offre par des repas-dégustation dans le chai. En faire une base pour nos offres oenotouristiques à venir.
Acheter plus facilement la cuve nécessaire à l’arrivée de notre futur blanc.. etc..
Parce qu’il faut nous diversifier si nous voulons survivre, nos circuits de distribution, qui sont, dans notre cas, d’autres petites entités, d’autres artisans, souffrant tout autant que nous du pessimisme ambiant que d’aucuns appellent « la crise ».
Alors je vais vous dire, Messieurs les politiques, vous brassez trop d’argent. Pour vous 10000 euros ne représentent plus rien. Pour nous, 100 euros, c’est une somme.. Vous voyez le décalage ?
Pour mieux vous expliquer, je vais vous donner un exemple : nous avons reçu la facture de notre organisme certificateur il y a quelques temps (et oui, en plus, nous sommes en bio, donc nous payons pour montrer que nous ne polluons pas -cherchez, là encore, la logique). Elle a augmenté de 80 euros : 30 euros pour payer le contrôle de la vinification qui ne se faisait pas avant et 50 euros pour frais d’analyses. Hors ces analyses, nous les faisons déjà, par un laboratoire indépendant, certifié (avec toutes les certifications possibles) et c’est ce laboratoire qui fait les prélèvements. Sans doute que pour vous ces 50 ou 80 euros ne sont rien, mais pas pour nous !
Ces analyses, nous les payons encore quand nous nous affilons au Syndicat des AOP, là aussi, un contrôle a lieu. Les organismes certificateurs peuvent donc trouver, en toute indépendance, ces analyses déjà faites. Ce qui nous éviterait de les payer 3 fois !!

lesmainsdanslecambouisEt tant qu’à être dans les chiffres, je vais vous le dire franchement, tout de go : nous étouffons sous vos 400 000 normes.. Ont-elles empêché la France d’être la plus atteinte par « l’affaire de la viande de cheval » ?? Non, alors revenez au bon sens, faites le ménage..
Evidemment, c’est une rude tâche, mais une fois les mains dans le cambouis, vous pourrez vous dire avec satisfaction que vous avez réellement quelque chose POUR vos concitoyens et pas contre eux..

Et puis, quelque soit votre niveau d’élection, maire, député, député européen, dites-vous chaque matin que ceux qui vous paient, c’est nous, chacun d’entre nous, ça vous rappellera peut-être que derrière chacune de vos décisions, il y a des humains, des hommes et des femmes qui sont des artisans, des amoureux de leur travail.

A oui, j’allais oublier, au cas où vous ne le sauriez pas, nous autres, petits artisans du vin, sommes une des forces de l’exportation française, juste derrière l’aéronautique.. Si si, je vous l’assure..
Et notre métier consiste à créer de la convivalité, du plaisir et du bonheur, n’en déplaise à Monsieur Evin et consorts qui nous interdisent de montrer une personne souriant avec un verre ou une bouteille à la main.. Et je ne peux que vous inciter à lire le livre de Jacques Dupont « Invignez-vous »..
Je ne vous parlerai pas ici du rapport de Mr Reynaud que je viens de lire (je vous mets le lien ici, si vous en avez le courage, lisez-le, c’est instructif).. J’en ferai l’objet de mon prochain billet..

du haut du Pic de VissouEnfin je vous invite, Messieurs les politiques et bureaucrates, à venir faire un tour chez nous, à votre convenance (il faut juste appeler quelques jours avant au 06 74 14 88 91, histoire de préparer le pique-nique). Remettre les deux pieds dans la terre, la vraie, est toujours bénéfique..
Vous pourrez vous offrir une dégustation de nos vins que l’on dit bons (voir plus ici) dans un cadre exceptionnel..

Je t’aide, tu m’aides, il m’aide… mais l’europe, elle, elle ne nous aide pas du tout du tout…

Oh que non ! Que ce soit au niveau des mentions bios à mettre sur nos étiquettes ou des aides que nous n’obtiendrons pas cette année, parce que, comble de la logique politicienne, nous sommes une trop petite entité..

Je m’explique. Sur l’aide tout d’abord..

Nous avons acheté nos viDSC_7275gnes il y a maintenant 3 ans. La première année, nous avions 1,79 hectares en nom propre (en mon nom donc, mais ce n’est qu’un détail). Ce qui me donne le statut de « cotisant solidaire » auprès de la MSA (assurance maladie et caisse de retraire des agriculteurs). Je n’ai droit à rien, si ce n’est à payer pour la retraite ou la maladie des autres.. Ah si, j’ai droit à des formations à prix préférentiel..
Bref, après les vignes, il nous a fallu acheter le matériel -cuves, pressoir, égrappoir et j’en passe- et pour cela, je me suis renseignée et j’ai trouvé que nous pouvions avoir une aide de l’europe.  je vous passe la jungle des services et autres bureaux qui se renvoient la balle pour savoir qui fait quoi et à qui s’adresser.. J’ai donc monté un dossier (un nombre de papiers assez faramineux, plus les devis), qui a été accepté. Je vous passe aussi les désidératas de l’europe pour être éligible.. Il ne faut surtout n’accepter aucun devis et ne pas engager de travaux avant d’avoir reçu un récépissé du dit dossier.
En cours de route, l’aide est passée de 40 à 30 %.. Ils n’avaient pas prévu d’avoir autant de dossiers !!! Mais bon, nous étions heureux, cela nous a permis de parfaire nos achats avec un groupe de froid.

L’année d’après, nous avons acheté un hectare de plus et planté un demi-hectare, faisant passer notre domaine de 1,79 à 3,30. Et toujours en cotisant solidaire.

Nous avons investi dans un chai de vinification (une ancienne cave dans le village), avons fait tous les travaux sans aides parce qu’elles étaient supprimées.
Nous voulons cette année compléter cet aménagement par des bureaux à l’étage ainsi que notre matériel de vinification (nouvelles cuves..). Je me suis donc à nouveau renseignée sur les aides européennes, sachant que ces travaux étaient aussi éligibles.. Les travaux le sont, mais nous non. Plus maintenant.. Pourquoi ? « Il faut être exploitant à temps complet et souscrire à l’AMEXA ». Et pour souscrire à l’Amexa, filiale de la MSA, il faut être exploitant agricole, pas cotisant solidaire..
Ce qui sous-entend que trois hectares, ne suffisent pas pour vous occuper à temps plein !!!!! Que votre statut est un statut de rien. Ce qui était valable en 2010 ne l’est plus en 2012 et nos 1,79 hectares nous occupaient plus que les 3 que nous avons actuellement.. Logique non ??

Comme nous avons une bonne dose d’indépendance et que nous n’avions jamais sollicité d’aide avant, nous ferons quand même les travaux, plus petitement sans doute.. Non sans nous demander comment réfléchissent ceux que nous payons avec nos impôts et qui utilisent l’argent public comme bon leur semble..

 Venons-en aux étiquettes maintenant..

Nous avons 4 vins, un rosé et 2 rouges provenant de vignes qui sont bio et un rouge venant d’une vigne en 2ème année de conversion ( il faut 3 ans pour qu’une vigne soit définie comme étant bio).

Sur les vins de vignes bios, et provenant des vendanges 2012, dont la vinification a été contrôlée, nous devons mettre sur les étiquettes «  vin bio », avec lMas Coris Pic de Vissou.cdre logo européen et FR-BIO-01 (n° de notre organisme certificateur) jusque là, ça va..
Pour le rouge 2011 dont les vignes sont bio, nous devons mettre « Vin issu de raisins de l’Agriculture Biologique » avec toujours FR-BIO-01 et logo AB (français) facultatif.. Car les vignes sont en bio certes, mais la vinification n’a pas été contrôlée l’année dernière (puisqu’il n’y avait pas d’accord européen..).
Pour le dernier vin, celui issu des vignes en conversion, il faut mettre « produit (et non pas vin)  en conversion vers l’Agriculture Biologique » avec FR-BIO-01, mais pas de logo…

Vous avez tout suivi ?? Parce que tout ça il faut le reporter sur les factures !
Je pourrais aussi, pour parachever ce « portrait » des nouveautés-pour-nous-simplifier-la-vie concoctées par nos élus, vous parler de la nouvelle phrase à mettre aussi sur nos fa
ctures.. Mais non, pas la peine de vous faciliter la vie à vous aussi !!!

Enfin, je ne sais pas si vous connaissez cette phrase de Gaston Lagaffe, qu’il disait à son neveu pour le faire rire.. Ça parle de papas papous à poux et papas papous pas à poux et aussi de papas poux pas papous et de papas poux papous.. je ne sais pas pourquoi, mais de plus en plus cette phrase me revient en mémoire.. A cause des poux qu’on nous cherche ?? 🙂

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