Noël de glass

Avez-vous déjà fait vos cadeaux de fin d’année pour vos  amis amoureux du vin ? Pour votre tante Hortense ou votre oncle Anatole qui picolent ?
Pour votre Mamour unique et préféré qui aime les vins frais ?

Savoir bien accompagner les vins de vignerons-artisans comme nous est important. Apprendre à les ouvrir, les découvrir, les sentir, les dorloter de façon à prolonger leur vie au mieux  pour le plus de plaisir possible..
Je vous parle ici de nos vins les plus âgés, ceux que l’on met sur les rayonnages de notre chai et de nos relais lorsqu’ils sont prêts. Ceux qui ont besoin de temps pour être droits dans leur bouteille et pour donner le meilleur..

Nos petits jeunots, ceux de l’année, se donnent pratiquement toujours tout de suite. Pas de pudeur, en avant comme en avant !

Il reste que nos vins sont comme des personnes, comme vous, comme nous : parfois ils font la tête, se renferment, boudent et sont mal lunés. Parfois au contraire ils sont explosifs, joyeux, entiers et heureux !

C’est pourquoi il ne leur faut pas n’importe quel verre..
J’ai mis du temps à me rendre compte de l’importance de la verrerie, me disant, comme nous tous « un verre à vin est un verre à vin ». Me demandant quel est l’intérêt de faire des verres spécifiques aux différentes régions.
Et puis, de dégustation en dégustation, de test en test, je peux vous promettre qu’il y a des différences. Non négligeables souvent..

Après avoir commencé avec les petits vieux de l’INAO, ceux qui datent vraiment mais sont pratiques parce qu’ils passent au lave-vaisselle*, la différence est nette lorsqu’on monte en gamme !
De Speigelau à Reidel en passant par Schott Zwiesel, L’atelier du vin ou encore Chef&ommeliers, le choix est vaste..

J’ai testé il y a peu les Spiegelau Authentis, pour vin rouge et vin blanc.verre-cristal-bourgogne-authentis-400x400
Ne voulant pas les tester seule et ayant envie d’avoir l’avis d’un professionnel, j’ai profité d’une dégustation de nos vins au Domaine de Verchant.
Je les ai donc testés avec Kévin, le jeune et sympathique sommelier de ce bel endroit.

Spiegelau, christal vayssiere

Leur prise en main est très agréable, avec un pied haut, mais un bel équilibre. D’où une facilité de manipulation.
Leur forme assez ventrue permet au vin de bien circuler et l’ouverture du col est bien étudiée : les arômes ne « s’envolent » pas tout de suite, mais ne sont pas non plus trop captifs.
Nous les avons testés sur des vins jeunes 2016, puis des cuvées moins souples de 2014, et enfin sur nos « papés » de 2013.

Les blancs passent bien, s’offrent avec plaisir et en douceur.

Pour nos cuvées en rouge, de nettes différences sont apparues :
– trop fermés pour notre jeune Atout Pic qui sont sans pudeur ni complexité, les verres ne leur ont pas permis de s’ouvrir simplement, mais ont eu tendance à les étouffer

– Plutôt bien par contre pour Bouteilles à la mer 2014, le sérieux de la bande chez nous : profond et complexe, droit et ample, il s’est trouvé à l’aise et nous a donné presque tout de suite son meilleur profil

– Vraiment bien pour Pic de Vissou 2013, lui laissant le temps de faire le tour de son verre, de se faire attendre, tout en donnant un peu à « voir » au nez.

De notre avis, des verres plutôt pour vins de garde, agréables à utiliser avec une fine et belle prise en main..

C’est juste un tout début de liste, une idée de chouette cadeau que vous pourrez trouver sur le site de ces beaux verres à vins en Cristal.
Je suis sure que, tout comme moi, vous prendrez plaisir à naviguer entre Daum, Laligue, Baccarat et autres beaux cristaux 🙂

*Ne faites surtout pas cette bêtise avec de beaux verres, lavage à la main sous l’eau chaude sans détergent et torchon propre de rigueur !

 

Mon cri du coeur, aux couleurs de Noël, en rouge et blanc

À contre-pied du « Black friday » qui fait florès sur les réseaux socieux, radios et autres supports médiatiques,  nous répondons par un « Red-tout-le-temps » et un « White-tout-temps« .  Parce que nous sommes des artisans, que nos vins se bonifient en vieillissant, que nos prix ne changent pas souvent – et pas sur les millésimes anciens- que notre passion remplit toujours nos bouteilles.


Nous avons besoin de vous pour continuer notre aventure. Comme depuis nos débuts. Nous avons besoin de savoir que vous vous régalez avec nos vins, que vous passez des moments heureux, bien loin de ce « Vendredi noir« ..
Traduit en français, ça fait tout de suite moins joyeux hein ?
Vous voulez en savoir plus sur les origines de ce vendredi noir ? C’est ici, ce que j’ai trouvé de plus fouillé et clair.

Pourquoi devrions-nous céder à cette mode anglo-saxonne que les commerçants veulent nous voir adopter à l’instar d’halloween ? Pour faire de bonnes affaires ? Nous avons déjà les soldes d’hiver.
Pour nous faire dépenser plus, ça, c’est sûr.. Et si l’on décidait de dépenser comme nous le souhaitons et pas en fonction de modes ?
La recherche des « toujours plus petits prix », dont nous sommes tous victimes un jour ou l’autre, fait tourner la tête : de soldes en promotions, de destockage en toujours moins cher, nous avons déjà de quoi faire. Pourquoi rajouter ce jour ?

Vous le comprendrez aisément, pour nous artisans, petits vignerons, il est très dur de s’arc-bouter contre ce genre de matraquage publicitaire. Et pourtant, avons-nous le choix ?
Non, vraiment non ! Nos prix sont calculés au plus juste pour que notre activité soit rentable et que nous puissions vous proposer un rapport prix/plaisir le plus juste possible. Nous ne comptons pas nos heures, un coup dans les vignes, un coup sur la route ou dans le train, ou encore la tête dans la paperasse.

Nous ne comptons pas nos heures pour que dans notre coin de nature, il y ait toujours de la faune sauvage, que la flore s’y réinstalle. Être à l’écoute de ces pieds de vigne que l’on bichonne l’un après l’autre.
Pas de mécanisation, tout à la main, pour notre plaisir, mais aussi notre volonté d’avancer vers plus d’échange entre plantes : celles que l’on pourrait planter pour qu’elles soient les engrais verts de nos parcelles.

Nous ne comptons pas nos heures pour vous trouver des relais qui soient à notre image : indépendants, passionnés, au juste prix. La liste est ici et .

Nous ne comptons pas nos heures pour nous dépatouiller de cette paperasse toujours plus envahissante, plus rigide et plus « dématérialisée » ( à nous les login et mot de passe à n’en plus finir !).

Bref, vous l’aurez compris, travailler en bio et tout à la main à un coût. Imcompressible.
Êtes-vous prêts à nous suivre dans cette voie ardue, mais si pleine de passion ?
Êtes-vous prêts à retrouver cette passion dans nos bouteilles ?

Nous l’espérons de tout coeur ! Et puis, les couleur de Noël sont le rouge et le blanc, non ? 😉

Notre boutique est ici aussi 🙂

Écologie, vous avez dit écologie ?

Parce qu’on en parle tellement, elle est souvent à toutes les sauces. Et si je vous donnais ma traduction de l’écologie ? Dans sa globalité et plus si affinités..
On lit beaucoup de choses sur l’écologie, beaucoup trop même.. Chacun se fait son idée, qu’elle soit à courte vue n’a pas d’importance. Qu’il n’y ait pas derrière de connaissance réelle non plus d’ailleurs.. Hors, peut-on sortir l’écologie de son écho-système, de son tout ?

N’est-ce pas une certaine écologie, un « certain respect » voulu, légitime parfois, des animaux qui mène à l’extrême : ne pas vouloir boire d’un vin parce que le vigneron oeuvre avec un cheval de trait dans ses vignes ? J’en parlerai dans un prochain billet. Beaucoup de questions qui se mélangent, s’entre-mêlent et finissent en boulgui-boulga à la Casimir !

Reprenons donc du début : Définition de l’écologie. Etymologie : du grec « oikos », maison et « logos », science, connaissance. L’écologie est la science qui étudie les milieux et les conditions d’existence des êtres vivants et les rapports qui s’établissent entre eux et leur environnement, ou plus généralement avec la nature.

Donc, si vous habitez dans le sud de la France, que vous trouvez une tortue d’Hermann dans la garrigue, ne la prenez pas en vous disant « La pauvre, elle s’est perdue, je vais la garder et prendre soin d’elle ». Non, là vous n’êtes pas écologiste du tout.
La garrigue est son habitat, vous lui enlevez donc sa liberté, sous prétexte de « sauver un animal en danger »..
Cette histoire est vraie et symptomatique d’une écologie qui oublie ses fondamentaux.

De même, quand vous trouvez un hérisson dans votre jardin, il n’a pas besoin de vous. S’il y est venu et qu’il y reste, c’est parce qu’il a trouvé tout ce qui lui faut : des feuilles mortes ou tas de bois pour hiberner, des limaces, escargots et insectes à profusion.

L'un de nos hôtes cet été..
Le hérisson sauvé de la noyade cet été et vivant dans notre jardin.

Il n’a donc pas besoin de cabane, de croquettes pour chat ou chien (que d’ailleurs il sait trouver tout seul). En bref, il n’a pas besoin de vous, juste d’un espace de liberté qui peut être votre jardin.
C’est juste pour vous faire toucher du doigt la déconnection de beaucoup par rapport à l’écologie.

Pourquoi je vous parle de ça d’un coup comme ça ? Parce que,  sur les réseaux sociaux, quelqu’un a posé la question « à quelques jours de Noël, êtes-vous sapin vrai ou plastique ?« .
Question amenant à l’écologie s’il en est. Et les réponses m’ont surprise, beaucoup. Vraiment.
Parce que nombreux sont heureux et fiers de dire qu’ils prennent un sapin en plastique. Et là, les bras m’en tombent.
Qu’est-ce qui est écologique là-dedans ? Le fait de se dire qu’on n’en achète plus pendant plusieurs années ? Que l’empreinte carbone devient nulle au bout d’un moment ? Qu’au moins des arbres ne sont pas coupés juste pour quelques jours ?..

sapin-de-Noel
Image tirée du site « Le sapin de Noël en Feng Shui »

Du coup je me suis documentée, j’ai cherché et il en ressort qu’il faut 20 ans à un sapin en plastique, fait donc avec du pétrole, énergie fossile épuisable, pour avoir une « empreinte carbone nulle »..
Énergie fossile épuisable, vous lisez bien.. Donc, à l’heure des COP 21 et j’en passe, des personnes persuadées d’être écolos, vous soutiennent que le sapin en plastique est la plus écologique des manières de sauvegarder un bout de planète..

20 ans !! Entre cette durée, le fait de faire travailler des personnes peu payées, avec des conditions de travail si différentes des notres (pour ne pas dire mauvaises), dans des pays lointains avec le transport, bateaux + camions..etc.., en plus, j’ai du mal à comprendre où est l’écologie là ?
N’est-ce pas plus écologique d’acheter un sapin, d’une exploitation française qui aide au développement économique d’une région ? N’est-ce pas mieux de faire pousser des sapins, qui capturent du C02 et relâchent de l’oxygène ? Qui permet de mettre en place un écosystème, d’avoir des zones qui évite les inondations ?
Qui fera du compost une fois utilisé ?
Je vous mets le lien vers « consoglobe » qui répond bien à ces questions..

Alors, certes, on m’a répondu que, « comme toutes mono-cultures, ça produit trop d’azote dans le sol ».. Je dois dire que ça m’étonne car chez nous, en mono-culture de vigne, nos terres manquent régulièrement d’azote.. Comme quoi, généraliser n’est pas toujours bon..

Le mieux est encore de fabriquer un sapin avec du bois de récup’ pour certains. Mais quid de la partie « je permets à des gens de vivre de leur travail ?« .. Cette notion fait-elle partie de l’écologie ? Pour moi oui.. Et pour vous ?

Bref, c’est quoi pour vous l’écologie ??

 

 

Clap de fin ! #Vendanges 2017 #Mas Coris

Elles ont déboulé comme une surprise, bouleversant le train-train des dates : nos 8èmes vendanges. Elles nous ont offert plein de surprises, bonnes et moins bonnes et pas mal d’étonnements..

Nous avons débuté le 21 août, date précoce s’il en est.. et par les cépages rouges ! Du jamais vu…
Les Syrah, tout d’abord, avec une magnifique maturité, peu de jus et des pépins mûrs de chez mûrs. Le résultat est un jus concentré, avec de belles anthocyanes, magnifique ! Cette belle concentration s’accompagne toujours de la fraîcheur du terroir de Cabrières.
(mais je languis de voir les dents et langues des dégustateurs pros lors des salons cette année, nul doute qu’il n’y a pas que notre syrah à être aussi colorante !)

 

À suivi ensuite Mr Grenache de la Combe, dont la maturité arrive toujours comme un boulet de canon : bien exposé et protégé, il profite à fond de son lieu de naissance pour nous offrir de beaux raisins.
Son jus est droit, intense, avec une belle gourmandise.

Ensuite, vint le tour de notre plantier : Vermentino, Grenache blanc, Roussanne et Viognier se sont tirés la bourre pour avoir une belle maturité d’ensemble..
Nos vignes nous ont fait, cette année encore, le plaisir de ne pas avoir de maladie, zéro, rien, nada.. Les raisins étaient magnifiques, compte-tenu de la grêle de mars, du gel d’avril et de la sécheresse. Peu de traitement, 4 pour tout dire et pas de tri à faire : le bonheur ! Au moins de ce point de vue là..

 

Puis notre Coulée Douce, qui, dès ses débuts en bébé jus, laissait présager, cette année encore, une couleur claire. 70 % Cinsault, cépage peu colorant s’il en est. 30 de Grenache ramassé avant sa pleine maturité, font que notre rosé fera toujours partie des rosés clairs. Sans que ce soit volontaire.
Contrairement à ce que m’a dit « élégamment » un journaliste (spécialiste des rosés) lors d’une dégustation, nous ne faisons pas et n’avons jamais eu dans l’idée, ni l’envie, « de faire une copie de rosé de Bandol« .
Nous faisons NOTRE rosé, il se trouve qu’il nait comme ça : clair.

Ensuite… J’ai perdu le fil je crois !! Ha non, ensuite, c’était le tour de notre Cinsault du bas, celui de notre vieille-vigne-toute-mal-foutue-mais-qui-donne-toujours !
Une belle maturité, des raisins encore une fois sains et assez juteux, par rapport au reste des vendanges, (tout est relatif hein..). Et ce sous un ciel couvert qui nous a épargnés, pôvres vendangeurs !vendange-syrah-du-bas

Ensuite… Après quelques jours de répit, ça a été le tour de notre grenache du puits, une de mes parcelles préférées. Des rangées courtes, pas trop pentues, taillé en gobelet, c’est l’une de celle qui donne des journées de vendanges gaies et joyeuses. Les vendangeurs se transforment en oiseaux qui pépient d’un cep à l’autre ! Là encore, belle qualité de raisins, rendant la ramasse agréable.grenache-du-puits.jpg

À nouveau quelques jours de répit, histoire de laisser à Melle Clairette presqu’une semaine pour finir de se pomponner. Ce qu’elle a fait avec plaisir, dorant ses grains, repliant ses feuilles au passage pour se protéger de la sécheresse. Peu de raisins là encore, et peu de jus. Mais de belle facture !
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Suffisamment mûre pour que ses grains tombent en voyant arriver l’épinette !!

Nous avons donc terminé nos vendanges le 8 septembre. Exceptionnel, surtout pour les cépages rouges, tous vendangés au 31 août !
Tout comme cette dernière journée commencée avec le coucher de la lune et le lever du soleil, quelque chose de magistral..
lune-pic-vissou.jpg
lever-soleil-vendanges

La nursery est en route à la cave, les soutirages ont commencé,  les décuvages aussi. Enfin juste un pour l’instant, celui de nos Syrah..
L’intensité et la plénitude de nos jus laissent présager de jolis vins, belle image de notre terroir si particulier de Cabrières.
To be continued !

 

 

La nouvelle.. suite 3 écourtée, et fin !

« Comment ça, un homme à poil ?? Mais qu’est-ce qu’il faisait là ? »
« C’est quoi cette histoire ? Tu l’as vu où, quand ? »
« On n’a rien vu nous ! »
Les questions et étonnements fusent. « Je ne peux rien vous dire de plus, dit Vina, sinon qu’il m’a dit qu’il était chez
lui dans nos vignes !! »

« J’aimerai d’autant plus tirer cette histoire au clair.. Qui est-il, pourquoi se balader nu et pourquoi chez nous.. On va demander aux gens du village, quelqu’un l’a peut-être déjà vu et connait ses motivations.. » répond Vino.
Effectivement, on avancera sans doute plus vite pense Vina.

Les jours de vendanges se succèdent, lever à 5h, rassemblement à la cave à 6h30, café-croissant-brioches..etc..

Chargement des caisses dans le 4×4, et hop ! Dans les vignes..
Un enchainement épuisant obligeant chacun à chercher loin dans ses réserves. Oubliant le reste de la vie : penser raisins, manger raisins, rêver raisins, « insomniaquer » raisins c’est ça les vendanges et les vinifications !

Pendant que Vina fait ses aller-retour, Vino jongle avec les cuves, le pressoir, le groupe de froid et les drapeaux. La place est calculé pour optimiser l’espace et efficacité de chacun. La table de tri et ses deux chaises, les caisses pleines et les vides, les notes à prendre au fur et à mesure sur les densités, les températures à surveiller, pire qu’une nurserie !
La cave se transforme en ruche..
Et le vortex s’accélère, les aspirant dans un trou noir intemporel.. Comme d’autres métiers bouffeurs de temps et d’énergie, avec la passion en prime, vigneron n’est pas sans effets collatéraux.

Vina en a rencontré lors de salons, des jeunes vigneronnes qui, prisent dans ce vortex, s’en veulent que leurs enfants passent après ce métier, surtout la commercialisation. Et des plus anciennes, qui toutes regrettent de n’avoir pas été assez présentes pour eux.
Une dont les enfants ne lui disaient plus bonjour lorsqu’elle rentrait d’un salon ou d’une tournée de plusieurs jours. Ils parlaient uniquement à leur père, vigneron scotché à ses vignes, et donc disponible pour eux. Sentant l’exclusion totale et en souffrant énormément, elle a depuis changé de métier pour un qui paie avec des horaires fixes en prime : un luxe, pour son plus grand bonheur !
D’autres arrivent à commercialiser tout en gérant leur famille : les salons, les tournées sont fixés en fonction d’eux. Préserver la vie de famille est une gageure dans ce métier.. Mais il n’est pas le seul, demandent-on à une hôtesse de l’air si elle a des enfants ?!

Vina sort de ses pensées, le pick-up plein des toutes dernières caisses de la toute dernière vendange de l’année.
Ouffff !! Tout est rentré avant les pluies annoncées, on peut enfin laisser retomber un peu la pression..

Il reste cependant toujours l’énigme de cet homme nu..
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J’aurais voulu vous raconter l’intellectuel, ce jeune vendangeur qui trouvait plus facile de couper les grappes, les laisser tomber à terre, et les ramasser ensuite.. De Canon-ball aussi, ma vendangeuse fétiche qui vendangeait avec son appareil photo en bandoulière et nous faisait des photos magnifiques..
Mais voilà, je suis obligée de stopper là, avec un peu retard dans la mise en ligne de cette suite -et fin- pour cause de…. vendanges ! Nous commençons dès demain ce ballet des caisses que l’on remplit, que l’on vide.
La cave va à nouveau se transformer, pour de vrai, en nursery 🙂

La nouvelle, suite (2)

En descendant du pick-up, Vina jette un coup d’oeil rapide à cet endroit magique « je ne m’en lasserai jamais, c’est si beau ici, si « à part » ».
Elle repense au temps de la taille, dans le froid. Ce froid que l’on ne ressent que lorsqu’on s’arrête, tout à cette réflexion automatique qu’imposent les gestes.

Comment expliquer ce que l’on vit, penché sur les souches, préparant l’année suivante ?
Comment expliquer ce temps des vignes, si différent du temps normal ?
Ici tout se compte en souche/pied de vigne, en rangée, en parcelle. Rien à voir avec les secondes, minutes et heures..
C’est sans doute principalement ça qui fait qu’on  est si bien dans les vignes. Ça et ce rapport au vivant si particulier, au vivant qui se met en sommeil et se (re)découvre sans cesse.

« Alors, tout va bien ? »
« Impeccable ! ». Pour une réponse en choeur, c’est un best, on pourrait en faire une chorale sourit Vina.

D’aller-retour en aller-retour, sa demie-journée se transforme en tour de manège.. Un ballet bien réglé entre vignes et cave, équilibré par le nombre de caisses prêtes.
Aider à finir les caisses, booster, contrôler d’un côté. Goûter ce joli jus sucré coulant du pressoir de l’autre : le fruit d’une année entière de travail.

Peut-être que cette expression « le fruit du travail », qui prend tout son sens ici, vient du travail des gens de la terre ? À vérifier se dit Vina..

Vers 12 h, arrive le choix toujours laissé à la majorité des coupeurs, plus sa voix : finir les derniers rangs avant ou après manger ? La plupart du temps, le choix est pour l’après. Sauf s’il reste trop de rangées à faire..

Bref, vient le moment du repas, si important pour tous. Le pressoir s’arrête, les caisses sont à l’ombre, on peut enfin souffler un peu après cette journée de travail harassant sous le soleil.

Après un temps de remise en température des coupeurs dans la fraicheur de la cave, où chaque vendangeur se regarde avec dans les yeux un immense « Ouf, fini pour aujourd’hui ! » les langues se délient.

Chacun parle de son ressenti, de ses rencontres animales fortuites « tu l’as vu le rapace ? » « tu as vu l’énorme épiphygère ? »  » Pas de nid de guêpe j’espère ? »
« À propos de rencontres étranges, quelqu’un a vu l’homme à poil dans la vigne du haut ? »

Bouches et yeux arrondis de surprise, chacun regarde Vina qui vient de demander ça tranquillement, entre la poire et le fromage..

La suite tout bientôt..

Ps : je suis désolée pour les soucis de codage et surtout décodage apparus suivant les navigateurs. WordPress ne semble pas au mieux de sa forme !
J’espère y avoir remédié, sans être sure que la réécriture soit suffisante..

La nouvelle, suite…

10 ans maintenant que Vina et Vino Vinum se sont plongés dans le vin. Une reconversion devenue, dès le début et de plus en plus une passion.
Quelque chose de difficile à expliquer tellement ce métier vous prend avec force. Vous prend, vraiment, dans le sens englober, absorber, aspirer.
Plus rien ne compte à part lui et, si l’on n’y prend garde, il vous prend tout votre temps, toute votre énergie, votre vie en fait. Comme une espèce de Vortex.
..
« Bon allez, on se remet la tête aux vendanges ! »
Garant le pick-up le long du mur du chai, à l’ombre, Vina s’y engouffre « Tout est bon pour vous les garçons ? Je vous amène 16 belles caisses, à vous de jouer ! »

Vino, le nez à peine sorti de la cuve qu’il vient de nettoyer à fond, de désinfecter, descend de l’échelle et ouvre le cahier de cave. Le cahier de bord du domaine. Il y note consciencieusement le nombre de caisses. Ce qui permet d’avoir avec une belle précision le nombre d’hectos possiblement ramassés par hectare. On peut ensuite faire des comparaisons par rapport aux autres années.

Avec l’aide de Bourrud’humour et de Blabla, Vino décharge les caisses et les vide dans le pressoir.
Pour le blanc comme le rosé, le tri se fait à la vigne : les grappes mûres et saines uniquement, sans feuille ni herbe. De beaux raisins «  propres » prêts à être pressés.
Tous les quatre scrutent les caisses : la qualité est au rendez-vous, les sourires sont majuscules !
« Tout se passe bien ? » lance Vino en basculant une caisse dans le pressoir.
« Jusque là, tout va bien, les garçons sont épatants, mettent de la bonne humeur partout et beaucoup de volonté de bien faire. Du coup, chacun donne son maximum. J’adore quand il y a cette ambiance dans les vignes !  »
« ha oui, et puis… » Vina est interrompue par le bruit du Kreyer, le groupe de froid, prêt, lui aussi, à donner son maximum..
«  J’y retourne, ils ne doivent pas être loin des 16 prochaines caisses »

Vina remonte dans le 4×4, fait demi-tour et direction les vignes. Elle fait signe en passant à Gaby sur son tracteur. Sa remorque pleine, il file à la coopérative. Un tout autre monde, fait de course contre la montre, de machines à vendanger et de tour de rôle..
Côtoyer les viticulteurs permet de comprendre leurs aléas, sans pour autant être d’accord sur tout. Mais le dénominateur commun reste, pour beaucoup d’entre eux tout comme pour Vina et Vino, l’amour de la vigne.

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La suite tout bientôt…
Je vous invite à chercher le veilleur des grains dans la photo 🙂