Il y a cavistes et… vendeurs de vin, jeune padawan

Et c’est une grande différence qu’il faut que tu saches jeune padawan, pour parfaire un peu ta connaissance du vin et de son monde.. Si l’on faisait la guerre des étoiles, en en distribuant ?
Pour avoir fait, dans la semaine, une dégustation chez un « caviste » (entendez vendeur de vin) et une soirée chez un caviste/table à boire et à manger, je peux te dire qu’il y a une sacrée différence ! La première soirée était avec toi, et j’aurais aimé que tu sois à la seconde, même si je ne suis pas sure que cette différence t’aurait sauté aux papilles !

Maison-Star-Wars-Papier-peintNous ne savions pas, à notre décharge, quels étaient les vins en dégustation. Tu m’avais juste dit « il y aura deux blanc et un rouge », que le « caviste » était sympa et mettait en avant les vins de petits domaines, de préférence en bio.
Le point positif : il était sympa. Quand tu ne travailles pas avec.

Je n’ai pas voulu te le dire tout de suite, mais dès le 1er vin dégusté, je savais que c’était foutu.. Quand un « pro » te présente un vin d’un domaine de 800 hectares (oui oui, tu as bien lu) comme un petit domaine, alors nous sommes la tête d’épingle qui sert de barrette sur la tête d’une puce !! Qu’ils soient en bio, je veux bien le croire, mais qu’ils mettent peu de sulfites, vu le mal de crâne qui s’est réveillé dès la 3ème gorgée, j’ai de gros gros doutes.. Certes, je suis une hyper-sensible, y compris aux sulfites, mais quand même.
Quand ensuite vient le moment de parler dégustation de nos vins, donc de passer du côté pro et qu’il me dit « Je ne fais rentrer que des vins qui peuvent se vendre aux restaurants », passe encore. Mais quand il me dit « J’ai des vignerons qui me laissent des cartons et si je n’ai pas tout vendu, ils les reprennent ». Là, j’espère que tu n’as pas vu mon expression intérieure qui me disait : toi tu n’es pas près de bosser avec nous !.. Je lui ai d’ailleurs répondu qu’on ne faisait pas de dépôt-vente.
Parce que tu vois jeune padawan, c’est ça aussi un des côtés de la force obscure : ne pas prendre de risque..

parapluie-chaussureNe pas te mouiller pour « tes » vignerons, ne pas être convaincu de leur façon de travailler pour vendre leurs produits.. J’ai toujours pensé, peut-être à tort, que l’on ne vendait bien que ce que l’on aime et qu’on a payé.. On va pas se voiler la face, pour faire du vin, voire pour vivre, le vigneron a, lui aussi, besoin de vendre ses produits..

Le lendemain soir, hasard du calendrier et des rencontres, nous sommes allés chez un autre caviste, qui fait table-à-manger-bar à vin où l’on peut grignoter une assiette composée et déguster des vins au verre ou bouteille, selon.
Je le connais bien puisqu’il est un de nos relais. Je connais la plupart des vignerons dont les flacons se retrouvent sur ses étagères. Je sais comment ils travaillent, leur volonté de faire bien et bon. Ce qui passe aussi par la dose de sulfite..
serviettes_droles_vin_et_humour_dalcool_de_serviette_en_papier-r182076e6bbe84eba8c55615a0d7780e0_zfkx3_324Ce caviste est aussi Maître-sommelier, il propose des formations pour les restaurateurs notamment. Et il est passionné. Il se fera un plaisir de te faire découvrir un petit vin d’une appellation peu connue ou d’un vigneron qui l’est encore moins. Magique ! Il te proposera aussi des accords mets et vins harmonieux et voluptueux. Et ça je suis sure que tu approuveras, en bon gourmet que tu es, quand un vin s’accorde au plat, c’est le bonheur total.. Tu m’as dit que tu n’avais pas accroché avec lui, c’est possible, mais si tu passes ta 1ère impression, tu te rendras compte par toi-même de tout ce que tu peux apprendre à son contact.. Regarde ses rayonnages et tu verras vite une grande différence avec l’autre : le choix bien plus grand des régions, vins et vignerons..

Je t’y emmènerai faire un tour tout bientôt, que tu vois par toi-même jeune padawan..

                                        Et surtout, que la fork soit avec toi !!

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PS : devant les réflexions intelligentes qui me sont faites sur la différence entre caviste et table à manger, je précise ici, ce que j’ai omis de faire dans ce billet, que mon caviste est avant un.. caviste depuis plusieurs années. Et que c’est pour tenter de se dégager plus de finances (se payer, juste) qu’il a bifurqué vers le bar-à-vin. Et je lui souhaite longue vie parce que prinicipal reste : ses connaissances et ses envies de partage !

Les « Vincoeurs » vraiment au coeur du vin

Où l’on apprend que « l’Association pour la Propagande du Vin » sis à Béziers depuis des années allant être passée aux oubliettes, le département va la faire naître de ses cendres sous le nom de « Association pour la promotion du vin » et figurez-vous que cette association est déclarée d’utilité publique !! Si si !

Entrée en matière en forme d’intermède, mais revenons à notre cérémonie des Vincoeurs..

BouteillesVincoeursVoilà, pour la première fois de ma vie, j’ai été nominée.. Pour les Vincoeurs. Cette manifestation créée par le département de l’hérault il y a quelques années, consacre chaque année des gens du monde du vin, pour leur action au sein de la filière. Et c’est plutôt bien.. Un prix symbolique, mais une reconnaissance quand même..

J’ai donc été contacté il y a quelques mois par une personne travaillant au département, me disant que mon projet 20150710_200422de vendanges thérapeutiques et les vendanges solidaires (#harvestchallenge) de notre Cartagène avaient retenues leur attention. Différents échanges et me voilà, avant-hier soir, avec d’autres nominés et les heureux élus, à l’hôtel du département pour une cérémonie très sympathique et bon enfant.

Il y a plusieurs catégories : audace, aventure, innovation, jeunes, nature, pluri’elles et solidaire.

Les-Trois-Petits-Cochons-maisons-copie-1Je vous parle rapidement de mon ami vigneron Alain Caujolles-Gazet qui a été élu dans la catégorie Nature (il me semble) pour son chai fabriqué en paille. Comme la maison des 3 petits cochons, mais en bien plus solide et avec une isolation exceptionnelle. De quoi donner des idées!

Mais revenons-en à la catégorie dans laquelle on m’a placée : solidaire..
Ça m’allait bien, même si je ne rentrais pas vraiment dans les critères. Mais ça n’a pas beaucoup d’importance.
Le plus important est la force du collectif qui a été mise en avant avec l’action de l’association gagnante « Ressource ». Un joli nom et une action tellement humaine, chargée de beaucoup de choses : « un projet d’entraide civile dédié à des personnes en situation de fragilité, en lien avec des viticulteurs, paysans, une cave coopérative et des citoyens » comme le dit Véronique Diaz. Ce projet a débouché sur une cuvée « les Fruits de la galère ».

Ce qui est très intéressant aussi c’est que, du point de vu légal, cette association a recherché dans des droits anciens pour pouvoir le faire : les droits de nécessité que sont le glanage et le grapillage.
Nous n’avons en effet, en tant vigneron notamment, pas droit au bénévolat et sommes obligés de déclarer et payer même les membres de notre famille (par exemple).
Pour mettre en place les « vendanges thérapeutiques », les personnes ayant des douleurs chroniques ne peuvent venir qu’avec une prescription médicale.. Je sais, notre monde est fou !

Donc, pour résumer ces infos que je vous jette sur le papier digital :
– je n’ai pas eu de prix, mais sincèment, je ne le regrette pas au vu de ceux qui l’ont reçu !
– et surtout, une conclusion s’impose : entre la renaissance de l’Association pour la promotion du vin  (d’utilité publique- ça je trouve ça.. jouissif !) et l’association « Ressource » qui fait renaitre des droits anciens, on doit se rendre à l’évidence.

Pour avancer, innover, entraider, nous devons/pouvons nous plonger dans le passé !!
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De l’usage du rosé. Et des glaçons..

Intitulé numéro 2 : le rosé-piscine, non. Le rosé au bord de la piscine, oui !!
La semaine dernière, je suis allée fondre à Paris. Enfin plus précisément faire fondre des glaçons pour refroidir notre rosé lors d’une dégustation au « Trophée de la pétanque et de la Gastronomie », évènement hautement convivial organisé au pied de la tour Eiffel, au Yacht-club Marina.

Un public nombreux, des gens curieux et heureux de rencontrer les producteurs, des MOF (Meilleurs Ouvriers de France), une organisation de qualité, tout y était, y compris les glaçons..
Tout allait pour mieux donc jusqu’au premier « Oh oui, faites-moi un rosé-piscine !!« 

Un rosé-piscine.. Devant ma moue plus que dubitative, vint l’explication « un verre de rosé avec plein de glaçons dedans ! » dit-elle avec un air tout fier et gourmand..
Évident en somme.

Évident comme soigner, choyer ses vignes toute l’année pour avoir de beaux raisins..
Évident comme désherber à la main, comme ébourgeonner pied après pied.
Évident comme se lever à l’aube pour les vendanges afin de ramasser les raisins à la fraiche et à la main.  Au point du jour exactement pour qu’ils n’aient pas trop chaud, délicatement aussi pour ne pas avoir de jus dans les caisses.
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Évident comme notre pressoir à cliquets, désuet et efficace quand il s’agit de presser notre raisin tel qu’on le souhaite. Quand il s’agit de faire des rebêches (on enlève les raisins pressés une première fois, puis on les remet à nouveau dans le pressoir pour les presser à nouveau) et d’extraire le jus.
Évident aussi quand on surveille la température des cuves pendant les jours de fermentation pour qu’elle se fasse en douceur et nous/vous donne le meilleur..
Évident encore quand on veille sur la cuve pleine jusqu’à la mise en bouteilles. Quand on choisit les bouchons, essayant de trouver les meilleurs, les capsules pour que la couleur s’accorde à l’étiquette..

Toutes ces évidences sont notre travail, notre vie de vigneron. Nous le faisons toujours avec passion, le mieux possible, avec respect de notre bel endroit, respect pour vous qui allez ouvrir nos bouteilles… Nous faisons un VIN rosé !
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Bref, j’ai refusé, plusieurs fois, de mettre ces fichus glaçons dans le verre. J’ai réussi pour presque tous, à leur faire déguster tel que, leur démontrant qu’étant à température, il n’en n’avait pas besoin. Mais pas à « elle », elle est allée boire ailleurs..

Alors je vous donne le mode d’emploi, le comment déguster/boire (avec modération si vous le voulez, mais c’est bien avec des amis aussi ) notre rosé :
– vous mettez la ou les bouteilles au frais avant de façon à ce qu’elle soit bien entourée de buée quand vous la sortez
– vous préparez un seau, une bassine, un cuvon, suivant la quantité de bouteilles, vous le tapissez d’un fond de glaçons
_ vous posez vos bouteilles sur ce fond, vous complétez avec des glaçons, éventuellement un peu d’eau
– vous servez, sans oublier de remettre immédiatement après les bouteilles dans leur écrin de fraicheur
– et vous passez un excellent moment !!
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Mais surtout, surtout, PAS DE GLAÇONS DANS NOTRE ROSÉ !!
Il contient déjà à peu près 84 % d’eau, pas la peine d’en rajouter…