Pour les VdV#56, plongeon dans l’arche de Noé des cépages oubliés..

Jef Heering nous propose ce mois-ci de travailler et de déguster sur le thème : « L’Arche de Noé des Cépages rares et oubliés… ».. Connaissant trop peu les cépages rares et oubliés, je vais vous parler de trois Noé !

Quand j’ai lu ce thème, tout de suite me sont venues en mémoire trois personnes, deux sont des vignerons. Je ne vais donc pas vous parler, ou peu, de cépages, mais d’hommes. L’un est « païs », il est à Puimisson et l’autre est de mon pays de naissance, le Dauphiné. Tous deux connaissent et aiment les cépages anciens, pas tous oubliés encore, mais pour certains, passés très près de la trappe.
Le troisième a été viticulteur, il est maintenant à la retraite, c’est l’un de nos voisins du chai.

Il y a quelques temps, ce dernier nous avait donné une petite bouteille en plastique contenant un liquide d’une jolie couleur caramel ou miel, nous disant, sur un air de confidence, de goûter et de lui dire ce que nous en pensions.. Ainsi fût fait.
Il faut dire que ce n’est pas le premier OVNI (Objet Vinique Non Identifié) que nous goûtions et, à chaque fois, un nouveau monde papillaire s’ouvre..

Là, il était un peu sucré, un peu alcooleux et surtout, comment dire.. excellent ! Un goût de revient-z’y irrésistible !
C’était un vin muté, qu’il réalise avec quelques pieds de Jacquet qui lui restent dans un coin. C’était, nous a-t-il expliqué, un cépage utilisé avant et maintenant interdit, sans savoir trop pourquoi puisqu’il n’attrape que peu de maladie et est très résistant.
Fruité, caramélisé, une acidité équilibrant pile-poil la sucrosité, c’était un vrai bonheur, dont j’ai encore en mémoire sur les papilles le goût..
Pourquoi ne pas se poser la question de le remettre en culture ? Surtout en sachant que son taux de resvératrol est important et les bienfaits de ce dernier sur le corps..

Pour les vignerons, je commencerai par Nicolas Gonin, dont j’ai la connaissance il y a un bon moment maintenant sur le réseau social facebonicolas_goninok. Modeste voir timide, il commençait tout comme moi à tenter de manier ce monde parallèle. Du coup, nous avons papoté installation, vignes et cépages.. Nicolas est un fan d’ampélographie (discipline étudiant la vigne et les cépages). Il est intarissable sur les cépages anciens suivant les régions et adore faire découvrir cette discipline si intéressante.
J’ai eu le plaisir de le rencontrer, chez nous, alors qu’il faisait une dégustation de ses vins, superbe, notamment mon préféré, son blanc « Altesse » à base d’altesse, cépage appelé aussi Roussette et emblématique de la Savoie. Fraicheur et un magnifique équilibre, il me rappelle les prairies pentues pleines de fleurs de mon enfance.. Et quand un vin vous rappelle un souvenir, c’est magique !

Le deuxième vigneron se nomme Jeff Coutelou. Tout aussi modeste et gentil que Nicolas, Jeff est un incontournable de notre région (enfin, c’est ce que je pense).. D’une famille ayant forgé des générations de vignerons, il a ce bon sens et le vocabulaire des gens mascoutelou2de la terre qui ont appris de leurs anciens. Inutile de préciser que je l’admire, comment faire autrement ? Vous discutez avec lui et tout s’explique naturellement, simplement.. enfin presque tout !
Lors de la visite de ses parcelles, Jeff nous explique les plantes qui sont avec les vignes, le sol, les alentours et nous amène sur LA parcelle qui nous intéresse ici.. Une parcelle sur laquelle son papa a pris soin de faire pousser des cépages anciens, un conservatoire grandeur nature..
S’en suit la visite des caves, d’étonnements en bonheurs pour papilles, toujours avec simplicité et souvent un franc sourire à voir nos têtes, allant de découvertes en découvertes.. Mais pour ça, je n’en dis pas plus, allez le voir 🙂

Et je me dis heureusement qu’il existe des gens comme eux, désobéissants aux volontés politiques pour garder notre mémoire collective et culturelle intactes ou presque.. Réalisant que notre passé est au moins aussi important que notre présent et donc notre futur, ils font, souvent dans l’ombre (enfin, pas vraiment dans la vigne !) un oeuvre d’humanité..

Petit chariot d’ébourgeonnage est devenu.. petit chariot Rolls, presque Roy !

Vous vous souvenez de mon petit chariot pour l’ébourgeonnage que j’avais bricolé ? Il demandait quelques aménagements afin d’être encore plus pratique et opérationnel.. C’est chose faite, même si l’on peut encore lui faire des améliorations !

chariot et moi dessus

 

L’année dernière, j’ai fait l’ébourgeonnage à l’aide de mon petit chariot bricolé dans l’urgence du ras-le-bol de se casser le dos.. Il m’a bien servi : léger, peu encombrant, mais un peu bas et obligeant à beaucoup plier les jambes pour le propulser tout en restant dessus. Et j’avoue que c’était un peu difficile de se relever..

Je l’ai donc soumis à notre Géotrouvetout-bricoleur-de-génie qui l’a revu et corrigé, l’adaptant tout en lui laissant ses particularités de légèreté et de maniabilité.

Nous lui  avons rajouté une roue pour plus de stabilité, un cadre pour bien maintenir le tout et un siège, que l’on utilise habituellement pour le jardinage.. Rien de très compliqué, mais il est super-fonctionnel..

Fini de se plier en deu20130529_154650x pour aller chercher les bourgeons en trop dans le coeur des souches ou à leur base. Bien assise, le dos droit, ce sont les jambes qui travaillent.
Le siège est réglable en hauteur et peut faire un demi-tour sur lui-même pour changer son orientation par rapport aux plants de vignes.
Il a une petite corde permettant de le tracter facilement (et amovible).

On peut encore facilement l’améliorer, pour peu que l’on soit un peu bricoleur.. Mettre une plaque (soudée ou vissée) à la place de la base du siège, y visser ou souder une embase de poteau dans laquelle le pied du siège viendra s’insérer. Faire des trous des quatre côtés de cette embase, de façon à ce que le siège puisse pivoter d’un quart de tour à chaque fois, ceci permettant de l’orienter encore mieux..

Il suffit de peu pour arrêter de se faire mal en travaillant,  surtout et avant tout, arrêter de penser que c’est indispensable.. Non, la douleur ne va pas avec un travail mieux fait, ni dans les vignes, ni ailleurs !!

C’est très pregnant et presqu’inconscient cette volonté de durcir le travail, de penser qu’on ne peut pas l’améliorer, ou de ne pas y penser d’ailleurs ! Nous sommes en bio,  et faisons  comme les anciens,  beaucoup à la main, y compris le désherbage entre pieds de vignes, mais en recherchant quand même un minimum d’amélioration.
Ceci avec de petits moyens, mais beaucoup d’inventivité..

Oh ben… vu le temps, nous reportons le pique-nique..

Parce pique-niquer dans une vigne détrempée ou manger dans la cave froide n’a que peu d’intérêt et que si l’on prend plaisir à mettre en place de tels moments, c’est avant tout pour que chacun se régale !!

Nous reportons donc notre « journée pique-nique/chacun amène son repas tiré du sac et nous fournissons le vin », au dimanche 2 juiDSC_0118n. Soyons optimistes et parions sur un super beau temps ce jour là ( et les autres.. ) !!
Envisageons cette journée comme magnifique, avec un soleil si fort qu’il nous fait rechercher l’ombre, avec une chaleur qui nous force à nous économiser..
Une journée où nous vous sortons les bouteilles de rosé et d’Atout Pic du puits où nous les avons mis à rafraichir.. Une journée de vrai « cagnart », juste !!!

Pour pouvoir profiter de la vue sublime que nous avons de la parcelle de cinsault/grenache, pour pouvoir parler et vous apprendre le biotope dont nos vignes bénéficient et qui a beaucoup évolué depuis 3 ans. Vous montrer que le bio n’est pas un effet marketing, mais un vrai bonheur qui se traduit par cette diversité..

Pour pouvoir faire la sieste à l’ombre, tout simplement et, pourquoi pas, jouer à la pétanque !! Amenez vos boules de pétanques carrées pour jouer dans les pentes et « normales », on trouvera bien un petit coin plat ! Et pourquoi pas faire un concours avec partie, belle et revanche ?
Et si vous avez un hamac, on a les arbres !!

Et (j’ai failli oublier !) pour ceux qui veulent randonner avant de pique-niquer, le Syndicat de Défense de l’AOP Cabrières, dont nous faisons partie, s’est mis d’accord avec l’association de randonnée (je ne sais plus le nom exact..méa culpa) et ces derniers ont remis en état un chemin de Petite Randonnée d’une longueur de 12 kms, avec plusieurs options possibles (possibilité de raccourcir cette longueur) autour du Pic de Vissou.. Les tronçonneuses sont allées bon train et je pense qu’il doit être prêt et l’on peut, si on le souhaite, aboutir sur nos parcelles 🙂

Au 2 juin donc !

PS : Les inscriptions se font ici en commentaire ou par téléphone au 06 74 14 88 91 ou encore via facebook

 

 

 

Vendanges thérapeutiques, qu’es-aco ?

Aujourd’hui est la 20 ème journée mondiale de la fibromyalgie, vous n’en avez pourtant jamais entendu parler ? Rien d’étonnant à ça. A moins de connaitre quelqu’un qui en souffre (soit 3% de la population en France), cette maladie passe inaperçue. Pas signe physique extérieur, pas de reconnaissance par la sécurité sociale, elle fait partie de ces maladies orphelines totalement méconnues.

Pour en savoir plus, cliquez sur le mot fibromyalgie..
Cette maladie, handicapante au demeurant, est difficile à vivre à de nombreux points de vue, mais, si on arrive un tant soi peu à la dépasser, elle peut aussi, comme beaucoup de maladies chroniques non guérissables pour l’instant, donner une force de vie et de caractère peu commune..

Depuis que nous avons acheté les vignes, j’avais dans l’idée ces « vendanges thérapeutiques » (copyright Véro !)DSC_1178, simplement, il fallait que nous soyons rodés nous aussi pendant cette période de stress et que je trouve un partenariat efficient avant de les lancer.

C’est chose faite avec la directrice de la clinique Clémentville à Montpellier. Ils ont été agréé cette année pour avoir un ‘pôle « d’éducation thérapeutique » = le patient participe pleinement à ses soins avec l’équipe soignante. Ils seront donc mon appui logistique, juridique et médical pour ces vendanges..

En quoi ça va consister ? Des patients de cette clinique (et d’autres) atteints de longue maladie ou de maladie chronique, ayant des problèmes de douleurs (physiques ou psychologiques) participeront à nos vendanges, à leur rythme, juste pour leur bien-être. Ils ne peuvent couper qu’une seule grappe ? Pas de souci,  nos équipes de vendangeurs seront complètes, c’est juste un moment d’évasion et de bien être que nous voulons leur offrir.
Pourquoi pendant les vendanges ? Tout simplement parce que, même si c’est une période stressante, c’est aussi une période de grand bonheur, d’échanges entre générations (nous avons des vendangeurs de tous âges), de rires partagés et de repas pris en commun.

Que ce soit dans les vignes ou dans la cave, le moment et le lieu sont privilégiés et ça, je voudrais le mettre à disposition. Que ce soit le nez dans les branches ou les mains dans les grains de raisin pour le tri, je connais trop bien ces petits bonheurs et ne peux que vouloir les partager ! Ce sera chose faite pour les prochaines vendanges donc, pour ma plus grande joie 🙂

Il n’y a pas que l’argent dans la vie, il y a la vie aussi.. tout simplement !!

Nous avons rendez-vous avec vous..

Le vin, dit-on, c’est le partage.. Et en tant que vignerons, cet adage prend encore plus de sens. Nous aimons beaucoup avoir de la visite dans nos vignes, notre chai ainsi qu’aller à votre rencontre.. Quatre dates (trois en mai et une en juin) sont donc à noter dans vos jolis petits agendas.. !

Malgré la période intense de l’ébourgeonnage qui commence, nous nous échappons pour vous faire déguster nos vins :

– le 11 mai tout d’abord, à Montpellier, dans la jolie cave « Les vins de Charlotte« , rue Glaize, non loin du musée Fabre. Nous vous accueillerons dans la joie et la bonne humeur et vous ferons découvrir différentes nos cuvées.

– le 18 mai ensuite, pour un pique-nique convivial dans nos vignes, pour fêter « le printemps bio » un peu en avance.. Pique-nique donc, avec visite possible du chai, promenade dans les vignes et reconnaissance de quelques plantes. Vous amenez votre pique-nique et nous vous faisons déguster nos vins 🙂
Inscription jusqu’au 16 mai en commentaire (ci dessous) ou par téléphone 06 74 14 88 91

– le 25 mai, je serai au salon « In vin bio véritas« organisé par « Le vert et le vin«  non loin de Vichy, à Jenzat exactement.

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J’y serai en excellente compagnie, avec des vignerons d’un peu toute la France, ce qui me réjouit 🙂
Vous aurez donc l’occasion de vous offrir un tour de France des vins en venant nous voir, ça ne se refuse pas !

 

 

 

 

– Le 8 juin enfin, je serai à Lyon Villeurbanne, « Aux caves des Charpennes« , cave emblématique qui vient de fêter ses 80 ans !

J’en profite pour remercier ici nos partenaires cavistes, qui sont tous des relais si importants animés de la même passion que nous. Toujours de très bon conseil, ils connaissent les vins qu’ils vous proposent et les vignerons qui les font. Et ça, c’est.. humainement magique !!

Vous avez des tomates ? Heureusement, nous non !!

Parce que ce n’est pas pour dire, mais enlever les gourmands à quelques pieds de tomate, c’est presque reposant, faire la même chose sur trois hectares de vignes, ça tient du sacerdoce !! Enfin, surtout dans notre plantier..

plantier-avant-nettoyage

Il faut vous dire que, pour le plantier, c’est urgent, surtout quand on sait que les feuilles les plus basses sont des « ascenceurs à mildiou » et que nous n’avons pas encore commencé les traitements.
Comme les pieds sont petits, les feuilles les plus basses sont à ras du sol et les herbes folles, elles, envahissent les rangs..

Il faut donc procéder par étapes..

1 – Jean désherbe à la bêche pour dégager les pieds de leur gangue d’herbe,

2 – j’ébourgeonne, c’est-à-dire que j’enlève les feuilles et bourgeons en trop sur le pied

3 – le plantier est tout propre, prêt à recevoir le premier traitement de l’année et laisser pousser ses petits raisins qui deviendront notre première cuvée de blanc !!

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