« La vie, c’est comme une boite de chocolats..

… on ne sait jamais sur quoi on va tomber  » disait sa maman à Forrest Gump..
Que, pour cette année qui arrive, vous n’en ayez que des bons est notre voeu le plus sincère, et aussi que vous trouviez le vin qui va avec !!! 🙂

 

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J’ai retrouvé mon couteau !

Enfin, à lire le titre, vous allez penser que c’est moi, Véro, qui vous écris ce billet.. Que nenni !! Je laisse la plume à Jean, avec un immense plaisir, le plaisir de faire de ce blog un blog à 4 mains..
Il a donc retrouvé son couteau !

Hier, j’ai retrouvé mon couteau. Je l’avais perdu il y a plusieurs mois dans la parcelle de cinsault-syrah, celle que l’on a du mal à ne pas nommer « la parcelle à Dominique », du nom de son ancien propriétaire. Ce qui prouve que les noms de lieux s’imposent facilement et s’effacent ensuite très difficilement. Bref.
Le couteau, bien sûr en position refermée pour ne pas se faire remarquer une fois au sol, était tombé de ma poche. C’était un jour de printemps. Un de ces jours d’écimage-ébourgeonnage-palissage-débroussaillage qui vous laissent sur les rotules et vous donnent la furieuse (mais fugace) envie de tout arracher pour transformer ce petit coin d’enfer en un parcours de golf de 2.500 trous (*). Oui, vous l’avez compris, il y a beaucoup de manquants dans ce petit hectare, assez généreux tout de même pour fournir notre Atout Pic.
Les mois ont passé, comme les coups de vent du Nord-Ouest, comme les averses et même comme les vendangeurs sans doute trop occupés à regarder les grappes (et à égarer eux-mêmes leur sécateur qu’on leur a confié le matin même !). Perdre un objet dans une vigne, c’est comme le perdre au fond de l’eau. Il suffit de s’en écarter de quelques mètres pour ne plus le retrouver. Dans les deux cas, je parle d’expérience. Après cela, vous ne pouvez plus compter que sur la chance ou sur… les générations futures, auxquelles vous fournirez ainsi, au choix, un sujet d’ethnographie rurale ou une énigme d’archéologie subaquatique.

LE couteau

Huit mois à poireauter dans le cinsault !
Tramontane glaciale, été torride languedocien, passage des randonneurs, errance des chasseurs, mon couteau a donc résisté à tout, immobile sur son lit de schiste. Hier, il avait quand même une drôle de gueule quand mon regard s’est posé sur lui, alors que j’y pensais deux secondes plus tôt (il faudra qu’on m’explique un jour ce genre de coïncidence !).
Je l’ai examiné, comme on le ferait avec un ami qu’on n’a pas vu depuis longtemps (et à qui on ne peut pas se permettre de dire « Toi, tu as pris un sacré coup de vieux ! ») et il a vite réintégré mon gilet, comme si je voulais lui éviter désormais la plus petite intempérie supplémentaire. Il en avait assez bavé ! J’ai soigneusement refermé ma poche.
Je me suis alors demandé si un trop long séjour dans les vignes allait avoir le même résultat sur ma petite personne. Et si j’allais finalement, un jour, en sortir comme lui, rouillé, grinçant, délavé ? Vous avez des témoignages peut-être ?
Evidemment, la lame et son manche en bois ont été l’objet de tous mes soins à mon retour. Au final, il est devenu beau. Une métamorphose. Il s’est mis à ressembler à ces couteaux que l’on se transmet de père en fils, comme un cadeau patiné par les ans, usé par d’innombrables et d’obscures travaux. Sauf que mon Laguiole était encore flambant neuf dans une vitrine il y a deux ans…. Huit mois à poireauter entre deux rangées de cinsault lui ont suffi pour prendre l’allure solennelle de l’objet de famille, vieux de trente ou quarante ans. Le temps était passé par là, sans pitié.  Ma tendre moitié a raison de dire que le temps n’est pas une fille facile (lire dans ce blog). Moi, j’ai décidé de ne plus lui courir après et de lui faire confiance (je parle toujours du temps, pas de ma femme). De toutes les façons, c’est toujours lui (elle ?) qui a le dernier mot.

NDLA. Il faut savoir qu’un hectare de vigne, c’est (à peu près) 4.000 pieds, du moins « par chez nous ».

« Le temps, il faut le prendre, mais ce n’est pas aisé, il n’est pas une fille facile !! « 

Voila la réflexion que j’ai faite l’autre jour à un caviste avec qui je papotais sur facebook.. C’est vrai, il n’y a qu’à voir à quel rythme lent (un peu comme « la valse lente des tortues »*) je vous tiens au courant de nos évènements, rencontres, travaux..etc..

Pour débuter, restons dans le « ici » et « maintenant », nous avons commencé la prétaille et la taille. La prétaille consiste a couper les sarments qui ont perdu leurs feuilles et à les détacher des fils auxquels ils s’accrochent pendant la pousse avec leurs vrilles..DSC00300
C’est le travail de Jean, qui en profite pour retendre les fils, arracher  les ronces et autres mauvaises herbes étouffant les ceps de vigne. Un travail difficile physiquem20121211_151630ent, fastidieux, mais plus qu’appréciable et nécessaire, il fait gagner beaucoup de temps pour la taille ensuite. Important aussi car c’est LA période de l’année ou la nature étant en sommeil, on peut faire les choses avec plus de profondeur.
La taille, c’est mon boulot, un des moments tout aussi important de la vie de la vigne, c’est là qu’on lui indique la direction à suivre lors de sa repousse, le long des fils si possible quand il y en a.., le nombre de branches et le nombre de bourgeons pour prévoir la récolte à venir (si les petits cochons et autres oiseaux ne mangent pas tout en route !)..
Donc un moment consacré uniquement à la vigne, dans notre magnifique petit coin, un des plus beaux bureaux du monde assurément !

Pendant ce temps, les vins sont au propre comme on dit, signifiant par là que les fermentations (alcoolique et malolactique) sont finies, les soutirages faits, plus de lies dans les cuves, ils peuvent donc s’épanouir à leur rythme en cuves ou barriques..

Mais pour nous, ce n’est pas tout.. Il y a aussi les rencontres, les salons, la commercialisation, la paperasse, les étiquettes a revoir/changer..etc..
Chaque chose en son temps, je vais y revenir, promis, je prends le temps !