Avant l’heure, c’est pas l’heure… Après l’heure… non plus !!

C’est bien connu.. Donc, comme nous sommes avant l’heure, autant dire que l’on est à fond dans les préparatifs des vendanges… Redescendre tout ce que nous avions stocké à l’étage : égrappoir, caisses à vendanges, drapeau réfrigérant..etc.. Vérifier le matériel type groupe de froid (pour le rosé), les pompes, les tuyaux.. Bref, nous sommes dans les startings-block !!

Et aussi étrenner nos nouveaux joujoux, heu pardon, nos outils de travail !!
Les enrouleurs pour tous les tuyaux nécessaires, par ordre de taille (grosso modo), la table sur-mesure pour  faire les mesures (justement) aisément et poser les bidouilles dont nous avons besoin, le pressoir et le serpentin pour refroidir le rosé dans sa cuve, l’égrappoir et…. nos chariots !!

                                Dont le tout dernier que nous allons étrenner pour les vendanges.. modulable en 2 ou 4 caisses pour les charrier dans les rangs des vignes .. Un grand confort je suis sure !!
Nous avons donc maintenant le petit modèle, le mien, qui me sert toute l’année et le grand pour les vendanges et autre transport de choses dans les vignes .. On n’arrête pas le progrès ! Merci à notre bircoleurdegénie André..
    

On devrait peut-être les faire breveter, non ??

Et notre fidèle compagne, dans les starting blocks elle aussi !!

Le premier jour du reste de sa (nouvelle) vie..

Pour reprendre l’excellent titre d’un excellent film.. Tout comme dans ce film, nous sommes à l’orée d’un changement de vie, pour Jean tout d’abord, mais aussi, par voie de conséquence, pour moi. Et c’est un bonheur vrai, fort..

Il est des moments dans la vie ou les choix sont primordiaux, impératifs.. Des moments ou les changements sont nécessaires pour apprécier la vie, dans le style répondre aux questions « où cours-je » « où vais-je » et aussi « dans quel état j’erre » !! Ce moment là, je l’ai vécu en 2009, avec un impératif : réaménager ma vie en fonction de ma santé. C’est là que nous avons, sous l’impulsion de Jean, créé Mas Coris.

C’est à son tour, après 26 ans à la tête rédactionnelle d’Apnéa magazine, de changer de vie. Ce magazine a rythmé notre vie depuis sa création, par Jean et des associés/amis, dans le garage de l’un d’eux. Une belle aventure humaine, d’entreprise, de challenges.. Quand on sait que le point de départ de sa création était le manque de lecture au niveau chasse sous-marine et apnée et qu’à l’arrivée c’est un petit groupe de presse qui est né, on ne peut que se dire que la force de travail n’est pas un vain mot !!

Ayant fait le tour de ce petit monde de l’apnée, de la chasse sous-marine, de la plongée, Jean a décidé de laisser sa place, de laisser voguer son propre esquif sur des liquides plus colorés, du blanc (bientôt) au rouge en passant par le rosé 🙂
Il va pouvoir m’aider plus, s’investir à 60 % de son temps dans notre aventure viticole, et j’en suis heureuse ! J’arrivais au bout de ma capacité à gérer beaucoup de front, la vigne, le vin, la commercialisation, la paperasse..
Et pour lui, cela veut dire aussi ne plus avoir un boulot à temps (très) plein et un boulot accessoire très prenant..

Il ne cesse pas entièrement le journalisme et continuera divers collaborations, mais sera plus serein pour apprécier vraiment notre vie de vignerons.

Le 7 septembre sera donc le premier jour du reste de sa vie et, comme nous l’avons toujours fait, nous tâcherons de la rendre heureuse et intense.

J’en profite pour le remercier, du fond de mon coeur, de m’avoir fait découvrir ce métier de vigneronne pour lequel je sens que je suis faite..

Parce qu’à plusieurs, on est plus fort..

Et parce que l’appellation « Cabrières » est défendue depuis longtemps par les viticulteurs du coin, je suis fière, et je pense pouvoir y associer sans problème Jean, nous sommes fiers donc, d’avoir notre vignoble dans ce petit coin de Languedoc..

Je me rends compte depuis peu de l’importance du Syndicat de défense de l’AOC Cabrières. Depuis peu parce que j’en ignorais l’existence et que je viens d’assister à deux de ses réunions. Ce qui m’a permis de comprendre le bienfondé de ce genre de regroupement notamment pour l’application du cahier des charges AoC Cabrières, différente de celle du Languedoc, dans les vignes..
Loin de défendre uniquement les intérêts des viticulteurs de la cave coopérative, ce syndicat est là pour les vignerons en cave particulière aussi, globalement pour ceux qui peuvent défendre la spécificité de l’appellation Cabrières, main dans la main, en s’appuyant les uns sur les autres..

Et là, je me dis que je vais sans doute en choquer plus d’un.. De part les différences fondamentales que nous avons d’aborder la vigne et son travail, j’en vois déjà certains se dire que des vignerons en bio, qui travaillent leurs vignes à la main pour presque toutes les opérations, qui vinifient eux-même n’ont rien a voir avec des viticulteurs qui mettent des produits chimiques pour désherber et traiter, qui mécanisent tout pour gagner du temps.. Mais qui sont pour beaucoup en culture raisonnée et n’utilisent plus de pesticides.
Rien, si ce n’est les vignes.. et la volonté de transmission, de possibilité de vivre de et avec elles.. Et ça, c’est énorme !

Avez-vous déjà discuté avec des vignerons de cave coopérative ? Celle de Cabrières est l’une des plus anciennes de la région, si ce n’est de France, c’est dire que ses racines sont presqu’aussi profondes que celles des vignes !! Lors d’une de ces réunions, nous discutions de la possibilité de faire stand commun sous la bannière Cabrières lors de salons et l’un des viticulteurs participant disait  » En tant que cave coopérative, on n’a pas une bonne image » et il y avait tellement de tristesse dans sa voix..
Cette année, ils ont produit un vin bio, c’est toujours une belle avancée.. là aussi, certains vont me dire « c’est uniquement mercantile, pas de conviction là-dedans !! »

J’ai envie de leur dire « et alors ? » « qu’en savez-vous ? » .. Le jeune viticulteur qui fournit les raisins bios est convaincu, comme vous et moi, doit-on le blâmer parce qu’il ne peut/veut vinifier lui-même ?? Sûrement non.. Comment je le sais ? Parce qu’il y a un projet d’éoliennes sur Cabrières et que la dernière réunion du syndicat était pour voter si, en tant que vignerons/viticulteurs, nous l’approuvions ou non. Ce jeune homme s’est bien renseigné et était très au fait de comment sont faites les éoliennes et des risques pour les nombreuses nappes phréatiques qui courent sous les terres de ce village..

Et si la cave voit en cette arrivée l’occasion de créer une nouvelle gamme qui peut soutenir et maintenir son activité, qu’y a-t-il de mal ? Il en va de la vie de plusieurs familles, de l’avenir de cette cave et quand on voit le nombre de caves de notre région qui ont fermé..
Le dialogue est toujours préférable, selon moi, à une vision monochrome, un seul son de cloche qui finit par déformer la réalité. Apprendre à connaitre vraiment l’autre, sans idée préconçue, juste d’un point de vue humain.. Mais je m’éloigne.

Il y a donc plusieurs projets de ce syndicat pour promouvoir l’appellation Cabrières, pour attirer les touristes dans ce petit coin de notre belle région. L’un d’eux consiste à remettre en état le chemin de randonnée qui monte au Pic de Vissou, de mettre des tables d’orientations en haut, tables sur lesquelles se trouveront les indications géographiques, géologiques de ce Pic et les emplacements et renseignements des différents domaines se trouvant sur cette aire d’appellation. Ceci par des QR-codes qui fonctionnent via des applications sur smartphones.
Beau projet s’il en est !!

L’autre gros projet de ce syndicat est de demander l’appellation communale Cabrières, ce qui en ferait l’une des rares de notre région. Une seule existe pour l’instant, l’appellation Maury.
Et là, je remercie les générations de  vignerons, de viticulteurs qui se sont battues depuis des années pour ne pas être incorporées aux appellations « Terrasses du Larzac, Pézenas » ou autres. Parce que la particularité géologique de ce coin est unique. Et participe de la particularité de nos vins.. Pour en savoir plus sur le Pic de Vissou, c’est ici.
Une demande est donc en cours auprès des autorités compétentes, en espérant que cela aboutira sous peu..

PS : je vous donne ici le lien du site de la cave de Cabrières, riche en précisions géologique, historique.. et si vous venez dans notre petit village, allez faire un tour à la cave, vous y apprendrez plein de choses !!